Craving • Compulsion • Automatisme • Perte de contrôle • Dépendance • Habitudes • Déclencheurs • Émotions • Geste • Soulagement • Manque • Rechute • Comportement •
Comprendre l’addiction
Une addiction ne se résume ni à un produit ni à un manque de volonté. Elle s’installe lorsque la consommation ou le comportement devient difficile à contrôler et prend une place croissante dans la vie.
Substances et comportements
Tabac, alcool, médicaments, jeux ou autres comportements répétitifs ne prennent pas la même forme. Pourtant, plusieurs mécanismes peuvent se retrouver d’une addiction à l’autre.
Craving, compulsion, automatismes
Envie irrépressible, tension à agir, geste devenu automatique : ces phénomènes se ressemblent sans être identiques. Les distinguer permet de mieux comprendre ce qui déclenche le comportement.
Ce qui entretient l’addiction
Un produit n’agit jamais seul. Gestes, habitudes, situations, sensations, entourage et récompense immédiate construisent progressivement une véritable boucle d’apprentissage.
Quand l’émotion entre dans la boucle
Une consommation ou un comportement devient aussi une façon d’apaiser une tension, de se récompenser, d’éviter une émotion ou de retrouver rapidement une sensation de soulagement.
Changer en sécurité
L’accompagnement s’inscrit dans un cadre adapté et coordonné, en lien avec un suivi médical ou addictologique.
EMDR et Hypnose : quelle place ?
L’EMDR et l’hypnose interviennent en complément du suivi de l’addiction. Ils permettent de travailler certains déclencheurs, automatismes, vécus émotionnels et situations associées.
Quand consulter ?
Lorsque la consommation ou le comportement devient difficile à maîtriser, occupe trop de place ou sert régulièrement à gérer ce que l’on ressent, il est utile de ne pas rester seul face à la difficulté.
Comprendre l’addiction
Une addiction ne se résume ni à un produit, ni à un manque de volonté
Une addiction s’installe lorsqu’une consommation ou un comportement prend progressivement une place qu’il devient difficile de maîtriser.
La personne sait souvent que ce comportement lui pose problème, en mesure les conséquences, décide de réduire ou d’arrêter… puis constate que cette décision ne suffit pas toujours à modifier ce qui s’est installé.
C’est précisément ce décalage entre ce que l’on souhaite faire et ce que l’on continue à faire qui caractérise la perte de contrôle.
Habitude, dépendance et addiction ne désignent pas la même chose
Une habitude repose sur la répétition. Elle s’inscrit dans le quotidien et devient parfois très automatique, mais elle reste généralement modifiable sans bouleverser profondément l’équilibre de la personne.
La dépendance désigne un autre phénomène. Lorsqu’elle est physique, l’organisme s’est adapté à la présence d’une substance et réagit à sa diminution ou à son arrêt. Elle constitue une dimension importante de certaines addictions, mais elle ne suffit pas, à elle seule, à définir l’addiction.
L’addiction associe avant tout une difficulté persistante à contrôler une consommation ou un comportement, la place croissante qu’il occupe et sa poursuite malgré les conséquences qu’il entraîne.
Ce qui compte n’est donc pas seulement ce que l’on fait, mais la place que cela prend
Deux personnes peuvent avoir le même comportement sans entretenir le même rapport avec lui.
La fréquence ne suffit pas à elle seule à définir une addiction. Ce qui devient déterminant, c’est la manière dont le comportement s’impose, organise certaines situations, répond à certains déclencheurs et réduit progressivement la liberté de choisir.
Comprendre une addiction, c’est donc regarder à la fois le comportement, ce qui le déclenche, ce qu’il procure immédiatement et ce qui rend son interruption si difficile.
Substances et comportements
Les addictions ne prennent pas toutes la même forme
Certaines addictions concernent une substance : tabac et nicotine, alcool, cannabis, médicaments ou autres produits psychoactifs.
D’autres concernent un comportement : jeux d’argent et de hasard, jeux vidéo ou certains comportements répétitifs devenus difficiles à contrôler.
La forme change. Les mécanismes, eux, se recoupent souvent : recherche de soulagement, répétition, automatisation, perte de contrôle et difficulté à interrompre le comportement malgré ses conséquences.
Une même addiction associe plusieurs dimensions
Une addiction ne repose pas sur un seul mécanisme.
Elle associe souvent plusieurs dimensions qui se renforcent entre elles.
C’est l’ensemble de ces dimensions qui donne sa force au comportement
Réduire l’addiction à la seule présence d’un produit ne suffit pas à comprendre pourquoi elle persiste.
Une consommation ou un comportement s’inscrit dans un ensemble de gestes, de contextes, de sensations, de déclencheurs et d’apprentissages répétés.
C’est aussi pour cette raison que deux personnes dépendantes au même produit ne rencontrent pas exactement les mêmes difficultés au moment de changer.
Les dimensions qui donnent sa force au comportement
Physique
Lorsque l’organisme s’est adapté à la présence d’une substance et réagit à sa diminution ou à son arrêt.
Gestuelle et sensorielle
Le geste, le contact, le goût, les sensations corporelles ou tout ce qui accompagne matériellement le comportement deviennent eux-mêmes familiers et recherchés.
Comportementale
Certaines situations finissent par appeler presque automatiquement la consommation ou le comportement : le café, la voiture, une pause, le retour à la maison, la solitude, une soirée particulière.
Sociale
Certaines habitudes prennent place dans les relations, les rituels partagés, les sorties ou les moments de groupe.
Émotionnelle
Le comportement prend une fonction précise : calmer une tension, remplir un vide, se récompenser, interrompre une pensée, éviter une émotion ou retrouver rapidement une sensation de soulagement.
Craving, compulsion, automatismes
Trois mécanismes différents qui peuvent se renforcer
Dans une conduite addictive, craving, compulsion et automatisme ne désignent pas la même chose.
Ils peuvent se succéder, se combiner et finir par donner l’impression que le comportement s’impose avant même d’avoir réellement choisi de l’adopter.
Le craving : une envie intense
Le craving désigne une envie forte, pressante et difficile à ignorer de consommer ou de reproduire un comportement.
Il se manifeste par une tension intérieure, des pensées insistantes, une sensation de manque ou l’impression que quelque chose réclame une réponse.
Il se réactive au contact de certains déclencheurs : un lieu, une heure, une situation, une personne, une sensation, une pensée ou un contexte déjà associé au comportement.
Le craving est une envie. Elle peut être très intense sans conduire nécessairement au passage à l’acte.
La compulsion : quand l’envie pousse vers l’action
La compulsion correspond au moment où la pression interne devient telle que le comportement semble devoir être réalisé pour faire cesser la tension.
La personne ne cherche plus seulement quelque chose qu’elle désire : elle agit pour répondre à une sensation devenue difficile à supporter, même lorsqu’elle sait qu’elle souhaitait faire autrement.
Le passage à l’acte apporte alors un soulagement immédiat ou temporaire.
La compulsion ne décrit donc pas seulement l’envie : elle décrit la poussée vers le comportement et la difficulté à ne pas agir.
L’automatisme : quand le contexte déclenche presque directement le comportement
À force d’être répété dans les mêmes circonstances, un comportement devient de plus en plus automatique.
Le café appelle la cigarette.
La fin de journée appelle le verre.
L’ennui appelle l’écran ou le jeu.
Une situation précise déclenche une réponse devenue familière.
Entre le déclencheur et le comportement, l’espace de décision se réduit progressivement.
Comprendre la boucle permet de retrouver une marge de choix
Déclencheur
Une situation, une émotion, une pensée ou un contexte active une envie.
Envie / Tension
L'envie crée une tension qui devient difficile à ignorer.
Comportement
Le comportement apporte un soulagement ou une récompense immédiate.
Renforcement
Ce résultat renforce l’association et facilite sa répétition.
Ce n’est donc pas seulement le comportement qu’il faut regarder, mais toute la séquence qui l’entoure.
C’est en identifiant précisément ce qui déclenche, ce qui pousse à agir et ce qui renforce ensuite le comportement que l’on commence à comprendre où intervenir.
Ce qui entretient l’addiction
Une addiction se construit aussi par répétition
Un comportement « plaisir » à l’origine
Un comportement qui apporte rapidement du plaisir, du soulagement ou une diminution de la tension a de fortes chances d’être reproduit.
À force de répétitions, le cerveau associe progressivement certaines situations à une réponse devenue familière : consommer, jouer, manger, acheter, regarder un écran, fumer, boire ou répéter un geste précis.
Ce qui soulage immédiatement tend à être réutilisé, même lorsque les conséquences à plus long terme deviennent négatives.
Le contexte devient lui-même un déclencheur
Avec le temps, certains éléments n’ont même plus besoin d’être consciemment recherchés.
Une heure de la journée, une pièce, une odeur, une émotion, une personne, un trajet, une soirée ou un simple rituel suffisent à réactiver l’envie ou le comportement.
Le contexte n’accompagne plus seulement l’addiction : il finit par en devenir une partie.
Les bénéfices immédiats renforcent la répétition
Une conduite addictive apporte souvent quelque chose tout de suite :
un soulagement,
une récompense,
une stimulation,
une coupure,
une sensation familière,
une diminution momentanée d’une tension.
Ce bénéfice immédiat donne au comportement une force particulière, parce qu’il agit vite.
Le problème n’est donc pas que le comportement ne fonctionne pas du tout. Il fonctionne souvent très bien à court terme, mais au prix d’un coût croissant à moyen et long terme.
Plus la boucle se répète, plus elle devient facile à relancer
À mesure que le comportement se répète, les associations se renforcent et la réponse devient plus familière.
Le déclencheur est repéré plus vite.
L’envie apparaît plus rapidement.
Le comportement demande moins de réflexion.
Le soulagement obtenu renforce encore l’association.
La répétition réduit progressivement l’espace entre le déclencheur et la réponse : ce qui demandait autrefois une décision devient de plus en plus automatique.
Comprendre ce qui entretient l’addiction permet d’identifier où agir
Interrompre une addiction ne consiste pas seulement à supprimer un produit ou à empêcher un comportement.
Il s’agit aussi de repérer ce qui déclenche, ce qui soulage, ce qui renforce l’habitude et ce qui rend le comportement de plus en plus automatique.
Cela permet d’identifier les moments où une autre réponse peut progressivement devenir possible.
Comprendre la fonction du comportement et ce qui le renforce permet de retrouver davantage de marge de manœuvre.
Quand l’émotion entre dans la boucle
Quand le comportement intervient pour réguler l’émotion
Une consommation ou un comportement addictif n’est pas seulement associé à un produit, un geste ou une habitude.
Il finit souvent par occuper une fonction émotionnelle très précise : calmer une tension, interrompre une pensée, remplir un vide, se distraire, se récompenser, éviter une émotion difficile ou retrouver rapidement une sensation de soulagement.
Le comportement devient alors une réponse connue, disponible et rapide à un état interne devenu inconfortable.
Ce n’est pas l’émotion elle-même qui crée l’addiction
Le stress, l’ennui, la solitude, la colère, la frustration ou la tristesse ne conduisent pas automatiquement à une conduite addictive.
Ce qui s’installe, c’est une association répétée entre un état émotionnel et une réponse particulière.
La personne apprend progressivement que, dans certaines situations, consommer ou reproduire le comportement modifie rapidement ce qu’elle ressent.
L’émotion devient alors un déclencheur parmi d’autres.
Soulager n’est pas résoudre
Le comportement agit souvent vite.
Il diminue une tension, détourne l’attention, apporte une stimulation ou donne accès à un état plus supportable.
Mais ce soulagement reste temporaire.
Lorsque la situation, l’émotion ou la difficulté revient, la réponse déjà connue se réactive plus facilement.
Le comportement ne règle donc pas ce qui est à l’origine de l’inconfort : il modifie momentanément la manière dont celui-ci est ressenti.
Comprendre la fonction émotionnelle change la manière d’accompagner
La question n’est alors plus seulement « Comment arrêter ce comportement ? », mais aussi « À quoi sert-il dans ce moment précis ? »
Identifier la fonction émotionnelle du comportement permet de comprendre ce qu’il cherche à réguler et d’envisager d’autres réponses.
Travailler sur l’addiction, c’est donc aussi travailler sur ce qui se passe juste avant, au moment où l’émotion appelle une réponse devenue familière.
Changer en sécurité
Une addiction ne s’accompagne pas seule
Sortir d’une addiction ne consiste pas uniquement à arrêter un produit ou un comportement.
Selon la situation, il faut aussi prendre en compte la dépendance physique, les risques liés au sevrage, les traitements éventuels, l’état de santé général, les antécédents et les autres difficultés associées.
C’est pour cette raison que j’ai fait le choix de ne pas accompagner une addiction de manière isolée.
Un accompagnement coordonné
Mon intervention s’inscrit dans un cadre plus large, en lien avec un médecin, un addictologue ou un professionnel de santé adapté à la situation.
Ce suivi permet d’évaluer les besoins médicaux, de sécuriser le sevrage lorsqu’il y en a un et d’ajuster la prise en charge si nécessaire.
De mon côté, j’interviens sur ce qui relève de mon champ : déclencheurs, automatismes, craving, situations associées, vécu émotionnel, habitudes et réponses devenues familières.
Le premier échange sert aussi à poser ce cadre
Il n’est pas nécessaire d’arriver avec un parcours déjà entièrement organisé.
Le premier échange permet aussi de comprendre la situation, de vérifier dans quel cadre je peux intervenir et, si besoin, d’orienter vers le professionnel adapté avant ou parallèlement à mon accompagnement.
L’objectif n’est pas de multiplier les intervenants, mais de faire en sorte que chacun intervienne à la bonne place, dans un cadre suffisamment sécurisant.

Hypnose et EMDR : des outils complémentaires, pas un substitut au suivi
L’hypnose et l’EMDR ne remplacent ni l’évaluation médicale, ni le suivi addictologique, ni un traitement lorsqu’il est indiqué.
Ils prennent leur place en complément, lorsque certains mécanismes précis peuvent être travaillés dans ce cadre.
Sécuriser l’accompagnement, c’est aussi savoir ce qui relève de mon intervention et ce qui doit rester pris en charge par d’autres professionnels.
EMDR ET HYPNOSE : QUELLE PLACE ?
Hypnose et EMDR : accompagner au-delà du comportement addictif
Comprendre ce que l’addiction vient faire dans la vie de la personne
Une addiction ne se résume pas au comportement que l’on cherche à arrêter.
Elle s’inscrit dans une histoire, des habitudes, des émotions, des relations et parfois dans une période de vie particulièrement difficile. La consommation ou le comportement a souvent occupé une fonction : apaiser, supporter, éviter, se protéger, se récompenser, retrouver une sensation de contrôle ou simplement traverser un moment devenu trop difficile autrement.
L’accompagnement consiste donc à travailler le comportement addictif, mais aussi ce qui l’a rendu nécessaire, ce qui continue à l’alimenter et ce qu’il a progressivement modifié dans la vie de la personne.
Modifier les réponses devenues automatiques
L’hypnose permet notamment de travailler sur les apprentissages et les automatismes construits autour de l’addiction.
Certaines situations déclenchent progressivement une réponse devenue familière : une émotion appelle un verre, une tension appelle une cigarette, l’ennui appelle le jeu, une difficulté appelle un comportement qui procure rapidement du soulagement.
Le travail consiste à repérer ces séquences, réduire leur caractère automatique et construire d’autres réponses possibles.
Il ne s’agit pas simplement de « résister » davantage.
Il s’agit de retrouver progressivement de la liberté là où une réponse s’était imposée par répétition.
Travailler ce qui se joue derrière l’envie de consommer ou d’agir
Lorsque la conduite addictive est fortement liée à une difficulté émotionnelle, l’accompagnement ne peut pas se limiter au comportement visible.
Stress, anxiété, colère, solitude, sentiment de vide, honte, peur, difficultés relationnelles ou expériences anciennes continuent parfois d’alimenter le besoin de retrouver rapidement un état plus supportable.
L’hypnose comme l’EMDR peuvent alors être utilisés, selon la situation, pour travailler les réactions émotionnelles, les associations construites au fil du temps et certaines expériences qui restent particulièrement actives dans le présent.
L’EMDR prend notamment sa place lorsqu’un événement, une période ou une expérience identifiable continue de déclencher une réaction émotionnelle intense ou d’entretenir certains comportements.
Il ne s’agit pas de rechercher systématiquement une “cause profonde”, mais d’identifier ce qui reste actif et continue d’avoir un effet aujourd’hui.
Accompagner aussi la période de changement et le risque de rechute
Arrêter un comportement ne signifie pas que tout ce qui l’entourait disparaît immédiatement.
Les habitudes restent présentes. Certains contextes continuent à déclencher des envies. Les émotions autrefois régulées par l’addiction doivent être traversées autrement. Et les périodes de fatigue, de stress ou de fragilité peuvent réactiver des réponses anciennes.
L’accompagnement permet alors de travailler le craving, les situations à risque, l’anticipation, la consolidation des nouvelles réponses et la manière de traverser une difficulté sans retrouver automatiquement l’ancien comportement.
La rechute éventuelle n’est pas seulement envisagée comme un retour en arrière : elle permet aussi de comprendre ce qui est resté fragile et ce qui demande encore à être travaillé ou renforcé.
Réparer ce que l’addiction a fragilisé
Une addiction peut laisser des conséquences bien au-delà du comportement lui-même. Elle peut fragiliser la confiance en soi, les relations familiales ou conjugales, la vie professionnelle, les finances, le rapport au corps, la place dans le groupe ou la capacité à se projeter.
Lorsque le comportement diminue ou cesse, une autre étape commence parfois : réparer ce qui a été fragilisé et reconstruire ce qui s’est désorganisé autour de l’addiction.
Retrouver des repères, restaurer certaines relations, reconstruire une image de soi plus stable et réinvestir une vie qui a pu s’organiser pendant longtemps autour du comportement font pleinement partie de l’accompagnement thérapeutique.
L’outil vient toujours après ce qui doit être accompagné
L’hypnose et l’EMDR ne constituent pas deux parcours séparés.
Ils peuvent être utilisés à différents moments, parfois au sein d’un même accompagnement, en fonction de ce qui se présente : automatisme comportemental, craving, régulation émotionnelle, expérience ancienne, peur de rechuter, perte de confiance ou conséquences laissées par la période addictive.
L’objectif n’est pas d’appliquer une technique à une addiction, mais d’accompagner une personne dans ce qu’elle doit modifier, traverser, consolider ou reconstruire.
QUAND CONSULTER ?
Comprendre les différentes formes d’addiction
Toutes les addictions ne se ressemblent pas.
Elles peuvent partager certains mécanismes — craving, perte de contrôle, automatisation, recherche de soulagement ou de récompense — mais leurs conséquences, leurs risques et les modalités d’accompagnement diffèrent fortement selon le produit ou le comportement concerné.
Le tabac repose notamment sur une forte intrication entre dépendance nicotinique et habitudes quotidiennes. L’alcool et certaines substances peuvent engager des risques médicaux importants. Le jeu peut fragiliser profondément les finances et l’équilibre familial. D’autres comportements répétitifs affectent davantage le sommeil, l’organisation du quotidien, la vie sociale ou professionnelle.
Comprendre ces différences permet d’adapter le cadre d’accompagnement et de ne pas réduire toutes les addictions à un même fonctionnement.
L’addiction au tabac associe plusieurs mécanismes particulièrement visibles : dépendance à la nicotine, gestes répétés, habitudes quotidiennes, situations associées et fonctions émotionnelles.
Le café, la voiture, une pause, la fin d’un repas ou certains moments de stress deviennent progressivement liés à la cigarette. Le comportement se retrouve ainsi intégré à de nombreux moments ordinaires de la journée.
L’enjeu de l’arrêt est donc double : prendre en charge la dépendance nicotinique et désapprendre les associations construites autour de la cigarette. Les substituts nicotiniques constituent une aide validée pour réduire le manque et augmentent les chances de réussite du sevrage.
Dans mon accompagnement, le travail porte davantage sur la dimension comportementale et émotionnelle : identifier les cigarettes automatiques, anticiper certaines situations, travailler le craving, modifier les associations et consolider les changements déjà engagés.
Le tabac est souvent un bon exemple d’addiction dans laquelle le produit et l’habitude sont profondément entremêlés.
L’alcool présente une particularité importante : il est à la fois largement intégré à la vie sociale et susceptible d’entraîner une dépendance physique importante.
La consommation peut progressivement prendre plusieurs fonctions : convivialité, désinhibition, détente, recherche de sommeil, diminution d’une tension ou coupure après une journée difficile.
Lorsque la dépendance s’installe, les conséquences dépassent rapidement la seule consommation : santé physique, humeur, sommeil, relations familiales, travail, conduite automobile et stabilité sociale peuvent être concernés. Les formes de dépendance sévère nécessitent un accompagnement médical, psychologique et parfois social prolongé, et le sevrage alcoolique peut nécessiter un traitement médical spécifique.
L’accompagnement thérapeutique ne consiste donc pas à provoquer seul un arrêt brutal.
Il vient compléter le suivi médical en travaillant les contextes de consommation, le craving, les habitudes, les situations à risque et ce que l’alcool venait réguler ou rendre plus supportable.
L’objectif est à la fois de sécuriser le changement et de comprendre ce qui risque de ramener vers la consommation.
Les substances psychoactives modifient directement les perceptions, les émotions ou l’état de vigilance. Selon le produit, les risques médicaux, psychiatriques et sociaux sont très différents.
La consommation peut s’accompagner de tolérance, craving, symptômes de sevrage, désorganisation du quotidien, difficultés scolaires ou professionnelles, isolement et parfois polyconsommations. Les addictions peuvent progressivement favoriser marginalisation, perte d’emploi ou déscolarisation.
Certaines consommations exposent également à des risques liés au contexte : conduite sous influence, accidents, violences, pratiques à risque ou fréquentation de circuits illégaux.
Dans ces situations, le cadre addictologique est central. Mon intervention n’a de sens qu’en complément, lorsque certains déclencheurs, automatismes, vécus émotionnels ou expériences associées peuvent être travaillés sans se substituer au suivi médical et spécialisé.
Une dépendance peut également s’installer autour de certains médicaments, notamment lorsqu’ils sont utilisés sur une durée prolongée, à des doses croissantes ou en dehors du cadre initial de prescription.
La difficulté tient souvent au fait que le produit a d’abord été associé au soin ou au soulagement : dormir, calmer une douleur, diminuer une anxiété ou traverser une période difficile.
La prise en charge dépend alors fortement du médicament concerné et de la dépendance installée.
Un arrêt ne doit pas être improvisé, notamment pour certains traitements dont le sevrage nécessite une diminution progressive et une surveillance médicale. La prise en charge des troubles addictifs peut associer traitement médicamenteux, suivi psychologique et accompagnement social.
Le travail thérapeutique peut ensuite porter sur ce que le médicament venait résoudre au quotidien : peur de ne pas dormir, anticipation de l’inconfort, anxiété, habitudes ou difficulté à imaginer pouvoir fonctionner autrement.
Dans l’addiction au jeu, il n’existe pas de substance. Pourtant, les mécanismes addictifs sont bien présents : anticipation, excitation, craving, perte de contrôle, répétition malgré les conséquences et difficulté à s’arrêter.
La particularité majeure se situe dans les conséquences financières et sociales.
Les pertes entraînent parfois une tentative de « se refaire », qui conduit à rejouer davantage. Peuvent alors apparaître endettement, dissimulation, conflits familiaux, emprunts, difficultés professionnelles, isolement et anxiété importante. Les autorités françaises citent notamment les problèmes financiers et familiaux, l’isolement et les difficultés à arrêter parmi les conséquences du jeu excessif.
La prise en charge ne comporte pas de traitement médicamenteux spécifique du sevrage du jeu. Elle repose notamment sur un accompagnement psychologique et social, auquel peuvent s’ajouter des dispositifs de protection comme les limitations d’accès, l’auto-exclusion ou l’interdiction volontaire de jeux. Service Public
Dans mon accompagnement, le travail peut porter sur le craving, l’anticipation du jeu, les situations déclenchantes, la recherche d’excitation ou de soulagement et les automatismes qui conduisent au passage à l’acte.
Certaines conduites répétitives ne correspondent pas toujours à une addiction au sens diagnostique strict, mais elles peuvent présenter des mécanismes proches : montée de tension, impulsion à agir, soulagement immédiat puis regrets ou conséquences négatives.
Dans les achats compulsifs, les conséquences sont souvent financières, mais aussi émotionnelles et relationnelles : dépenses cachées, culpabilité, conflits, accumulation d’objets ou difficultés budgétaires.
Le travail porte alors autant sur le moment qui précède le comportement que sur l’acte lui-même : ennui, frustration, besoin de récompense, sentiment de vide, tension ou recherche d’une sensation positive rapide.
Certaines conduites alimentaires peuvent comporter craving, perte de contrôle, automatisme, recherche de réconfort et répétition malgré les conséquences. Cela ne signifie pas pour autant que toute alimentation émotionnelle constitue une addiction.
Le comportement alimentaire peut devenir une manière rapide de réguler un état interne : stress, fatigue, ennui, solitude, frustration ou besoin de réconfort.
L’enjeu consiste alors à distinguer habitude, compulsion, alimentation émotionnelle et trouble du comportement alimentaire, parce que le cadre de prise en charge n’est pas le même.
Dans mon accompagnement, le travail porte précisément sur cette dimension émotionnelle et comportementale lorsque la situation relève de mon champ d’intervention.
→ Découvrir la page Alimentation émotionnelle
→ Consulter les ressources liées à l’alimentation émotionnelle
Un arrêt réussi ne signifie pas que les déclencheurs, les souvenirs associés ou les automatismes disparaissent immédiatement.
Une situation ancienne, un stress important, une période de fatigue ou un environnement familier peuvent réactiver une envie longtemps après le changement.
La rechute ne doit donc pas seulement être envisagée comme un « échec », mais comme la réactivation d’une séquence qui n’était pas totalement désactivée ou pour laquelle les ressources disponibles n’ont pas suffi à ce moment-là.
Le travail de consolidation consiste à repérer ces fragilités, anticiper les situations à risque et renforcer ce qui permet de maintenir le changement.
Les proches peuvent progressivement se retrouver à surveiller, compenser financièrement, cacher certaines conséquences, tenter de contrôler, menacer, protéger ou s’épuiser à vouloir empêcher les consommations ou comportements.
Ils ont eux aussi besoin de comprendre ce qui relève de leur rôle et ce qui ne peut pas dépendre d’eux.
L’enjeu devient alors de soutenir sans entretenir le fonctionnement, poser des limites, préserver sa propre sécurité et savoir vers quelles ressources se tourner.
Les CSAPA accueillent d’ailleurs également les proches des personnes confrontées à une addiction.
Des enjeux différents, un accompagnement à adapter
Chaque addiction impose donc de regarder au-delà du seul comportement visible.
Les risques, les conséquences et les priorités ne sont pas les mêmes d’une situation à l’autre. Certaines nécessitent d’abord une sécurisation médicale, d’autres un travail important sur les conséquences financières, sociales ou relationnelles.
L’accompagnement se construit à partir de cette réalité : comprendre ce qui est spécifique à l’addiction concernée, tout en tenant compte de la personne, de son histoire et de ce que cette période a laissé dans sa vie.
Trouver de l’aide et être orienté
Tabac Info Service – 39 89
Le 39 89 permet d’échanger avec des professionnels de l’arrêt du tabac et, si besoin, d’être accompagné par un tabacologue dans le cadre d’un suivi personnalisé. Le service est accessible du lundi au samedi, de 8 h à 20 h.
À retenir : information, conseils, accompagnement à l’arrêt et suivi à distance.
Alcool Info Service – 0 980 980 930
Service anonyme et gratuit d’écoute, d’information et d’orientation pour les personnes concernées par leur consommation d’alcool ou celle d’un proche. Il est actuellement accessible tous les jours de 8 h à 2 h.
À retenir : information, évaluation de la situation, soutien et orientation vers une aide adaptée.
Alcooliques Anonymes – 09 69 39 40 20
Permanence téléphonique et accès à des groupes de parole entre pairs.
Drogues Info Service – 0 800 23 13 13
Service anonyme et gratuit d’information, d’écoute et d’orientation autour des usages de drogues et des dépendances. Il peut également orienter vers des structures spécialisées. À ce jour, la ligne est accessible 7 j/7 de 8 h à 2 h ; Drogues Info Service annonce un passage à 8 h–23 h à compter du 1er octobre 2026.
À retenir : écoute, information, soutien et orientation vers un parcours addictologique.
Narcotiques Anonymes – 01 43 72 12 72
La ligne d’aide est ouverte tous les jours de 9 h à 22 h.
Écoute Cannabis – 0 980 980 940
Service anonyme et gratuit consacré aux questions liées au cannabis, actuellement accessible tous les jours de 8 h à 2 h.
Joueurs Info Service – 09 74 75 13 13
Le service accompagne les personnes qui rencontrent des difficultés avec les jeux d’argent et de hasard ainsi que leur entourage. Il propose information, soutien et orientation vers des structures spécialisées. Le service est joignable tous les jours de 8 h à 2 h.
À retenir : aide pour faire le point sur sa pratique, être soutenu et être orienté.
Fil Santé Jeunes – 0 800 235 236
Service anonyme et gratuit destiné aux 12–25 ans, animé par une équipe pluridisciplinaire. Il peut répondre aux questions de santé, de mal-être et d’addictions et orienter vers des professionnels. La ligne est ouverte tous les jours de 9 h à 23 h et le chat jusqu’à 22 h.
Consultations Jeunes Consommateurs (CJC)
Les Consultations Jeunes Consommateurs accueillent les jeunes qui s’interrogent sur une consommation ou un comportement, ainsi que leur entourage.
Elles permettent de faire le point avant même que la situation ne devienne fortement problématique. Alcool, cannabis, autres substances, jeux vidéo, écrans ou autres conduites addictives peuvent y être abordés. L’accueil est gratuit et confidentiel. Les CJC sont présentes dans la quasi-totalité des départements, souvent au sein des CSAPA, des Maisons des adolescents ou d’autres structures dédiées aux jeunes.
À retenir : il n’est pas nécessaire d’attendre qu’une addiction soit installée pour consulter. Un jeune peut venir seul, avec un parent ou avec un proche.
Trouver une consultation en addictologie
Les CSAPA — Centres de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie
Les CSAPA proposent des prises en charge spécialisées en addictologie avec des équipes pluridisciplinaires : médecins, psychologues, infirmiers, travailleurs sociaux et autres professionnels selon les structures. Ils peuvent accompagner les personnes concernées par une addiction ainsi que leur entourage. Plusieurs structures proposent un accueil gratuit et confidentiel.
À retenir : évaluation, accompagnement médical, psychologique et social, aide au sevrage et coordination des soins.
Et lorsque la priorité est d’abord de réduire les risques ?
Les CAARUD — Centres d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogues — s’adressent plus spécifiquement aux personnes qui consomment des drogues et qui ont besoin d’un accompagnement centré sur la réduction des risques et des dommages.
Leur rôle n’est pas nécessairement d’accompagner immédiatement vers l’arrêt. Ils peuvent proposer information, conseils de santé, prévention des infections, dépistage, mise à disposition de matériel de réduction des risques, soutien individuel et accompagnement social. L’accueil peut être anonyme ou confidentiel selon les structures.
En cas de détresse psychique importante ou d’idées suicidaires : 3114
Une problématique addictive peut parfois s’accompagner d’une souffrance psychique majeure. Si vous traversez une période de détresse intense, si vous avez des pensées suicidaires ou si vous êtes inquiet pour un proche, vous pouvez contacter le 3114, numéro national de prévention du suicide.
Le 3114 est gratuit, accessible 24 h/24 et 7 j/7 sur l’ensemble du territoire français. L’appel est pris en charge par des professionnels du soin spécifiquement formés à la prévention du suicide, qui peuvent écouter, évaluer la situation, soutenir et orienter vers les ressources adaptées.
3114 — Numéro national de prévention du suicide
PRENONS LE TEMPS D'EN PARLER
Faire le point sur votre situation
Vous vous interrogez sur une consommation ou un comportement qui prend trop de place ou devient difficile à contrôler ?
Le premier échange permet de comprendre votre situation, d’identifier les priorités et de vérifier dans quel cadre mon accompagnement peut s’inscrire.
Lorsqu’une prise en charge médicale ou addictologique est nécessaire, mon intervention ne peut s’envisager qu’en complément de ce suivi.
L’hypnose et l’EMDR peuvent alors accompagner les automatismes, le vécu émotionnel, les situations à risque et les conséquences laissées par la période addictive.
L’objectif : construire un accompagnement adapté à votre situation et à ce qui doit réellement être travaillé.
Pour échanger sur votre situation ou débuter un accompagnement.
Tarifs, déroulement des séances, téléconsultation et réponses aux questions fréquentes.

