Pourquoi ces ressources ?

Le plus beau compliment que l’on puisse me faire après une séance est d’entendre :

« Je comprends enfin ce qui se passe en moi. »

C’est souvent à partir de cette compréhension que les choses commencent à évoluer.

Ces ressources sont nées avec la même intention que celle qui m’anime au cabinet : partager des repères simples, accessibles et concrets pour aider chacun à mieux comprendre ce qu’il vit.

Si elles permettent à certaines personnes de mettre un peu plus de sens sur leurs réactions, alors elles auront pleinement rempli leur rôle.

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Pour aller plus loin…

Je suis convaincue que nous apprenons beaucoup de notre propre vécu, à condition de pouvoir le regarder sous un angle nouveau.

Ces ressources sont nées de cette conviction.

Chaque article part d’une expérience que beaucoup d’entre nous peuvent traverser, puis propose quelques clés pour mieux en comprendre les mécanismes. Et lorsque cette compréhension s’installe, elle éclaire souvent notre vécu d’une manière différente.

Le chemin se fait alors dans les deux sens.

Le vécu nourrit la compréhension. La compréhension nourrit le changement. Et le changement donne parfois un nouveau sens au vécu.

Je vous laisse maintenant découvrir les autres ressources de cette thématique, au rythme qui vous conviendra.

Une histoire qui se répète chaque été


Il y a quelques jours, Florence pousse la porte de mon cabinet.

À première vue, sa demande peut surprendre. Elle ne vient pas me consulter pour une anxiété, une phobie ou un traumatisme. Elle vient parce qu’elle a… le dos complètement bloqué.

Pour la troisième année consécutive, ses vacances commencent exactement de la même façon.

À peine les congés ont-ils débuté qu’une douleur intense apparaît dans le bas du dos. Les premiers jours sont consacrés aux anti-inflammatoires, au repos forcé et parfois même à quelques examens médicaux. Les promenades sont annulées, les projets reportés et les vacances prennent une tournure bien différente de celle qu’elle avait imaginée.

Elle me regarde avec un sourire un peu résigné.

— « J’avais pris trois semaines de vacances… Au mieux, il m’en restera deux à profiter. »

Avant de venir me consulter, Florence a pourtant fait ce qu’il fallait. Son médecin l’a examinée et les différents examens n’ont pas retrouvé de cause particulière expliquant pourquoi cette douleur revient précisément… au premier ou au deuxième jour des vacances.

🚨 Lorsqu’une douleur apparaît ou se répète, un avis médical est toujours indispensable afin d’écarter une cause nécessitant une prise en charge spécifique.

En quittant son médecin l’année précédente, une petite phrase est néanmoins restée dans un coin de sa tête.

— « Vous savez… parfois, on en a plein le dos sans même s’en rendre compte. »

Sur le moment, elle avait souri, sans vraiment y croire.

Aujourd’hui, après trois étés qui se ressemblent, elle se demande s’il n’y aurait pas quelque chose qu’elle n’a pas encore compris.

« Ce qui m'énerve, c'est que ça arrive toujours au mauvais moment. »


Pendant quelques minutes, nous parlons simplement de ses vacances.

Je lui demande ce qui la surprend le plus dans cette histoire.

Elle réfléchit quelques secondes avant de répondre :

— « Ce n’est pas tellement d’avoir mal au dos… c’est le timing. Toute l’année, je tiens. Et c’est précisément quand je peux enfin souffler que tout s’écroule. »

Cette phrase, je l’entends régulièrement au cabinet.

Et pas seulement à propos du dos.

🖼️ Certaines personnes me parlent de migraines qui apparaissent systématiquement le premier week-end de repos. D’autres tombent malades dès le début des vacances. D’autres encore se sentent complètement épuisées alors qu’elles devraient enfin récupérer.

Je lui pose alors une autre question.

— « Florence, est-ce que vous pensez que les vacances sont dangereuses pour la santé ? »

Elle éclate de rire.

— « Heureusement que non ! Sinon, plus personne ne partirait… »

Moi non plus, je ne pense pas que les vacances rendent malades.

📌 Les vacances ne sont généralement pas le problème. Elles sont parfois le moment où un fonctionnement déjà présent devient enfin visible.

Et c’est précisément là que notre véritable travail commence.

Nous parlons finalement très peu de son dos


Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, je ne passe pas la séance à chercher quel muscle est contracté ou quel mouvement a déclenché la douleur.

Je m’intéresse à ce qui s’est passé avant.

❓Comment se sont déroulées les semaines qui ont précédé ses vacances ?

❓À quoi ressemblent ses journées ?

❓Comment récupère-t-elle au quotidien ?

❓Dispose-t-elle réellement de moments où elle relâche complètement la pression ?

Petit à petit, Florence décrit un quotidien que beaucoup reconnaîtront.

Elle aime son travail. Elle s’y investit énormément. Elle prend soin de ses proches. Elle organise, anticipe, gère les imprévus. Elle ne se plaint pas.

Elle tient.

Puis elle ajoute, presque en s’excusant :

— « En fait… je crois que je ne m’autorise jamais vraiment à ralentir avant d’y être obligée. »

À cet instant, notre regard sur son mal de dos change complètement.

➔ Nous ne sommes plus seulement face à une douleur.

➔ Nous commençons à nous intéresser au fonctionnement qui l’a précédée.

Un système nerveux qui fait exactement son travail


Notre organisme possède une capacité d’adaptation extraordinaire.

Chaque jour, il ajuste son fonctionnement à ce que la vie lui demande. Lorsqu’une période est plus intense, il mobilise davantage d’énergie. Lorsque les responsabilités s’accumulent, il nous aide à rester concentrés. Lorsque les imprévus se succèdent, il nous permet de continuer à avancer.

📌 Cette capacité d’adaptation est une force.

C’est elle qui nous permet de traverser des périodes exigeantes sans nous arrêter au premier obstacle.

Le problème n’est donc pas qu’elle existe.

Le problème apparaît lorsqu’elle devient permanente.

Le système nerveux finit parfois par fonctionner comme si chaque journée exigeait le même niveau de vigilance, la même disponibilité et la même mobilisation. Et cet état peut durer des semaines… parfois des mois.

Puis arrivent enfin les vacances.

Le rythme ralentit. Les contraintes diminuent. Peu à peu, l’organisme cesse de compenser tout ce qu’il maintenait jusque-là.

📌 Ce n’est pas le repos qui crée le symptôme. Il peut simplement révéler ce qui était silencieusement compensé depuis longtemps.

Une image que Florence n'oubliera probablement pas


À ce moment de notre échange, je sens que Florence comprend intellectuellement ce que je lui explique. Pourtant, je ne suis pas certaine qu’elle le ressente encore pleinement. Je lui propose alors une image qui, bien souvent, parle davantage que de longues explications.

🖼️ « Imaginez un barrage qui retient une immense quantité d’eau. Pendant longtemps, tout semble parfaitement calme. Les parois tiennent bon, rien ne déborde et, vu de l’extérieur, on pourrait croire qu’il ne se passe absolument rien.

Pourtant, derrière ce barrage, la pression est bien réelle. Elle est simplement contenue. Puis, un jour, on ouvre progressivement les vannes. L’eau s’écoule enfin. Ce n’est pas l’ouverture des vannes qui a créé cette pression : elle existait déjà. Les vannes ont simplement permis à ce qui était retenu de s’exprimer. »

Florence reste silencieuse quelques instants avant de me répondre presque spontanément :

« En fait… mes vacances seraient un peu les vannes ? »

Je souris.

« C’est une possibilité. Non pas parce que les vacances vous rendent malade, mais parce qu’elles sont peut-être le premier moment où votre organisme n’a plus besoin de consacrer toute son énergie à tenir. »

Je vois son visage s’éclairer. Non pas parce qu’elle vient de trouver une réponse définitive, mais parce qu’elle découvre une explication qui ne la culpabilise plus.

Une autre façon de regarder ce qui se passe


Jusqu’à présent, Florence cherchait surtout ce qu’elle pouvait bien faire de travers.

Peut-être son matelas. Peut-être ses valises. Peut-être un mauvais mouvement. Ou, comme elle me l’avouera quelques minutes plus tard, une incapacité à vraiment décrocher de son travail.

Elle me confie alors :

« Je me suis même demandé si je n’étais pas devenue incapable de profiter de mes vacances… »

Cette phrase me touche, parce que je l’entends très souvent au cabinet.

Lorsqu’un symptôme nous échappe, notre cerveau cherche malgré tout une explication. Et, bien souvent, il finit par la chercher… chez nous.

📌 « Je dois forcément faire quelque chose de travers. »

📌 « Je devrais réussir à me détendre. »

📌 « Je suis sans doute trop stressée. »

Ces interprétations ont toutes un point commun : elles conduisent presque toujours à davantage de culpabilité.

Or, lorsque j’écoute Florence, je ne vois pas une femme qui ne ferait pas assez d’efforts. Je vois exactement l’inverse.

Je vois une femme qui porte beaucoup, anticipe beaucoup, donne beaucoup… et qui tient depuis très longtemps.

📌 C’est précisément cette nuance qui change notre regard sur le problème.

Ce que nous allons réellement travailler ensemble


À ce stade de la séance, nous ne parlons presque plus du dos.

Bien sûr, cette douleur reste la raison pour laquelle Florence est venue me consulter. Mais elle n’est plus le centre de notre réflexion.

🎯 Notre objectif devient de comprendre ce qui maintient son système nerveux dans un état de mobilisation presque permanent.

Au fil de notre échange, nous explorons son quotidien. Sa manière d’anticiper. Son besoin que tout soit prêt avant de partir. Cette impression qu’elle ne pourra vraiment souffler que lorsque tout le monde ira bien. Cette difficulté à laisser un dossier à un collègue sans vérifier une dernière fois que tout est parfaitement organisé.

Puis Florence prononce une phrase que je note presque mentalement :

—  « J’ai toujours peur de mettre les autres en difficulté si je ne fais pas les choses moi-même. »

À cet instant, quelque chose devient beaucoup plus clair.

Nous ne parlons plus seulement d’un mal de dos. Nous parlons d’un fonctionnement.

Et c’est précisément ce fonctionnement qui guidera la suite de notre accompagnement.

Comment l'hypnose peut-elle aider dans ce type de situation ?


À ce stade de la séance, Florence me pose une question très simple :

« D’accord… mais qu’est-ce que l’on va faire maintenant ? »

C’est une question que l’on me pose souvent au cabinet.

Beaucoup de personnes imaginent que nous allons chercher à faire disparaître la douleur, à convaincre le cerveau que « tout va bien » ou à apprendre à lâcher prise.

En réalité, mon approche est différente.

🎯 Le mal de dos est le point de départ de notre rencontre, mais il n’est plus le véritable sujet de notre travail.

Ce qui m’intéresse désormais, c’est tout ce qui l’a précédé : cette manière de toujours rester mobilisée, d’anticiper, de prendre soin des autres avant de penser à elle, de continuer à tenir… même lorsque son organisme aurait besoin de récupérer.

L’hypnose, telle que je la pratique, ne consiste pas à convaincre le cerveau que la douleur n’existe pas, ni à demander à quelqu’un de se répéter qu’il est détendu. Ce serait bien trop superficiel.

Elle permet plutôt de créer un espace dans lequel le système nerveux expérimente d’autres stratégies d’adaptation.

Petit à petit, il apprend à retrouver une alternance plus naturelle entre les périodes d’engagement et les périodes de récupération. Il redécouvre qu’il est possible d’accélérer lorsque la situation l’exige… puis de ralentir lorsque le contexte le permet, sans rester mobilisé en permanence.

📌 Autrement dit, nous ne cherchons pas à lutter contre le symptôme. Nous cherchons à rendre ce symptôme progressivement moins nécessaire.

Dans certaines situations, cette mobilisation permanente est également entretenue par des expériences de vie que le cerveau n’a jamais complètement retraitées.

Lorsque c’est le cas, un accompagnement en EMDR peut compléter le travail réalisé en hypnose.

🎯 L’objectif n’est pas d’effacer le passé. Il est d’aider le cerveau à retraiter certaines expériences qui influencent encore aujourd’hui la manière dont le système nerveux réagit au présent.

Chaque accompagnement est différent.

Parce que chaque histoire est différente.

Et Florence, dans tout ça ?


En quittant le cabinet, Florence n’avait évidemment pas retrouvé un dos tout neuf.

En revanche, quelque chose avait déjà changé.

Pendant trois ans, elle avait considéré son mal de dos comme un adversaire. Elle avait cherché ce qu’elle faisait mal. Elle s’était demandé si elle portait mal ses valises, si son matelas était en cause, si elle ne savait tout simplement pas profiter de ses vacances… ou si elle était devenue incapable de décrocher.

Au fil de notre échange, une autre lecture est apparue.

Et si son corps n’était pas en train de lui faire défaut ?

Et s’il faisait, au contraire, exactement ce qu’il avait appris à faire depuis longtemps : tenir ?

Cette idée ne fait pas disparaître une douleur.

En revanche, elle fait souvent disparaître une partie de la culpabilité.

📌 Comprendre qu’un symptôme est parfois la conséquence d’une stratégie d’adaptation plutôt qu’un signe de faiblesse permet de porter un regard beaucoup plus apaisé sur ce qui nous arrive.

Et c’est souvent à partir de ce changement de regard que le véritable travail thérapeutique peut commencer.

À retenir


🚨 Une douleur qui revient régulièrement mérite toujours un avis médical afin d’en rechercher la cause et d’écarter une éventuelle atteinte nécessitant une prise en charge spécifique.

📌 Les vacances ne sont généralement pas responsables du symptôme. Elles peuvent simplement être le moment où un fonctionnement déjà installé devient enfin visible.

📌 Le système nerveux est conçu pour s’adapter. Lorsqu’il reste mobilisé pendant une longue période, certains symptômes peuvent apparaître au moment où cette mobilisation diminue.

📌 Un problème est souvent la meilleure solution que notre système nerveux a trouvée, à un moment de notre vie, pour répondre à un autre problème.

🎯 Comprendre la fonction d’un symptôme permet souvent de le regarder autrement, avec moins de culpabilité, et d’ouvrir la voie à un changement durable.

Si vous vous êtes reconnu dans l’histoire de Florence, gardez en tête qu’il ne s’agit que d’un exemple.

Un même symptôme peut avoir des origines très différentes d’une personne à l’autre. C’est pourquoi il n’existe pas de réponse unique ni de solution universelle.

En revanche, une chose revient très souvent au cabinet : lorsque nous cessons de considérer un symptôme comme un ennemi et que nous commençons à nous demander « À quoi a-t-il bien pu servir ? », notre regard change profondément.

📌 Comprendre un symptôme ne le fait pas disparaître à lui seul. En revanche, cela permet souvent de ne plus le subir de la même manière et constitue un véritable point de départ vers le changement.

Si cette lecture fait écho à votre propre expérience, sachez qu’il est possible d’aller plus loin. Chaque accompagnement est unique, parce que chaque histoire l’est aussi. Ensemble, nous cherchons à comprendre ce que votre système nerveux a mis en place pour vous protéger… afin de l’aider progressivement à retrouver davantage de souplesse, de sécurité et de liberté au quotidien.

Transformer cette compréhension en changement


Comprendre ce que nous vivons constitue souvent une première étape.
Lorsque certaines difficultés s’installent durablement, il n’est pas toujours facile d’avancer seul.
Un accompagnement personnalisé peut vous aider à retrouver progressivement davantage de liberté dans votre quotidien.

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Nathalie RAVEAUD

Hypnothérapeute et praticienne EMDR à Villeurbanne, j'accompagne les adultes, les adolescents, les enfants et les familles confrontés à des difficultés de vie, qu'il s'agisse de stress, de traumatismes, de phobies, d'addictions, de difficultés émotionnelles ou d'autres problématiques qui limitent aujourd'hui leur liberté.

À travers les Ressources de Féliz', je partage la même démarche que celle qui guide mes accompagnements : comprendre avant d'agir. Parce que mettre du sens sur ce que nous vivons constitue souvent le premier pas vers une transformation durable.

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