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Comprendre le système nerveux


Pour mieux comprendre ce qui peut rester actif après une expérience difficile, découvrez comment le système nerveux apprend à détecter le danger et à se protéger.

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Comprendre les tramatismes


Comprendre ce qui peut rester actif après une expérience difficile et la manière dont cela peut influencer le présent.


Comprendre l'EMDR


Découvrir comment l’EMDR peut travailler sur certaines expériences du passé lorsqu’elles continuent à produire des effets dans le présent.


Découvrir l'hypnose thérapeutique


Mobiliser des ressources, retrouver davantage de sécurité et accompagner certaines difficultés associées, selon les besoins de chacun.


Traumatisme collectif et guerre : quand l’événement bouleverse bien plus qu’une histoire individuelle


Certains événements dépassent immédiatement l’histoire d’une seule personne.

Les attentats du 13 novembre 2015 et du Bataclan. Les catastrophes naturelles et les phénomènes climatiques d’envergure : inondations, crues, tempêtes… Des séismes ou des tsunamis qui contraignent parfois des populations entières à fuir en quelques minutes. Et les guerres contemporaines, dont celle menée en Ukraine depuis 2022 constitue, pour les Européens, l’un des exemples les plus proches, sans être malheureusement le seul conflit récent à confronter des populations civiles et militaires à la violence, aux pertes, aux déplacements et à une insécurité durable.

En France, cet été offre malheureusement un exemple très récent : des incendies majeurs ont de nouveau touché notamment la Gironde et les Landes, dans une saison marquée par des feux d’une ampleur exceptionnelle.

Ces événements n’ont ni la même origine, ni la même durée, ni les mêmes conséquences. Une catastrophe naturelle n’est pas une guerre. Un attentat n’expose pas une population de la même manière qu’un conflit qui dure plusieurs années.

Pourtant, ils permettent de comprendre une même réalité : un événement peut dépasser l’histoire d’une seule personne et bouleverser simultanément les repères d’une famille, d’une communauté ou de toute une population.

Quand le traumatisme dépasse l’histoire individuelle


Parler de traumatisme collectif ne signifie pas qu’un groupe entier développe un même traumatisme.

Ce qui devient collectif, c’est d’abord l’événement et le bouleversement qu’il provoque dans un environnement partagé.

Une ville peut être attaquée. Un quartier évacué. Une forêt et des habitations détruites. Une population déplacée. Des familles séparées. Des écoles fermées. Des lieux familiers devenir soudainement dangereux ou disparaître.

Ce ne sont alors plus seulement les repères d’une personne qui sont atteints : c’est une partie de l’environnement commun qui cesse temporairement, parfois durablement, de fonctionner comme avant.

📌 Un événement collectif peut bouleverser simultanément une population. Mais l’expérience traumatique reste individuelle : chacun le vit depuis sa place, son histoire et ce à quoi il a personnellement été confronté.

Cette distinction est essentielle.

Elle évite de considérer qu’après une catastrophe, une guerre ou un attentat, toutes les personnes concernées seraient nécessairement traumatisées — ou qu’elles devraient l’être de la même manière.

Un même événement, des histoires très différentes


Prenons un incendie majeur.

Une personne voit sa maison brûler. Une autre est évacuée pendant plusieurs jours mais retrouve son logement intact. Un enfant voit disparaître une forêt qui faisait partie de son environnement quotidien. Un pompier intervient pendant des heures ou plusieurs jours au contact du danger. Un agriculteur participe aux opérations ou voit son exploitation menacée. Un habitant accueille des personnes évacuées et reste suspendu à l’évolution du feu.

Tous ont traversé le même événement collectif. Ils n’ont pas vécu la même expérience.

🖼️ Lors des incendies, une évacuation préventive peut représenter pour certains quelques heures d’inquiétude avant un retour à la maison. Pour celui qui apprend pendant cette évacuation que son habitation a été détruite, le même départ devient le début d’une rupture beaucoup plus importante dans son histoire.

On pourrait faire le même constat après un attentat.

La personne directement exposée à l’attaque, celle qui perd un proche, le professionnel qui intervient sur les lieux, celui qui attend pendant des heures sans parvenir à joindre quelqu’un qu’il aime ou l’habitant confronté à l’événement depuis son quartier n’occupent pas la même place face à ce qui vient de se produire.

La proximité avec le danger, ce qui a été vu ou entendu, les pertes, le sentiment d’impuissance, la durée de l’exposition, l’âge, l’histoire antérieure, mais aussi les ressources et le soutien disponibles participent à construire des expériences différentes.

💡 Un événement peut donc être collectif sans produire une histoire traumatique collective identique.

Et c’est aussi ce qui explique pourquoi certaines personnes retrouveront progressivement leur équilibre tandis que d’autres continueront à être profondément affectées.

La guerre : quand le danger peut devenir l’environnement


La guerre introduit une dimension particulière.

Parce qu’elle ne se résume pas nécessairement à un événement identifiable avec un début et une fin.

Un bombardement peut constituer un événement traumatique. Mais vivre dans un territoire où l’on ne sait pas si un nouveau bombardement aura lieu demain confronte à autre chose : le danger peut devenir une composante durable de l’environnement.

Il faut pourtant continuer à vivre.

Dormir. Nourrir ses enfants. Trouver des médicaments. Se déplacer. Aller travailler lorsque cela reste possible. Chercher des nouvelles d’un proche. Décider s’il faut rester ou partir. Et parfois prendre des décisions essentielles avec très peu d’informations et aucune possibilité de savoir ce qui sera le moins dangereux.

Pour certaines personnes, la guerre signifie également la perte d’un proche, d’une maison ou d’un travail. Pour d’autres, une mobilisation militaire, une séparation familiale, un déplacement à l’intérieur du pays ou un départ vers l’étranger.

🖼️ Une mère peut quitter son pays avec ses enfants et arriver dans un lieu physiquement sûr tandis que son conjoint, ses parents ou ses frères et sœurs restent dans une zone de combat.

Elle est sortie du lieu où se trouve directement le danger.

Mais une partie de son système de sécurité reste confrontée quotidiennement à l’incertitude : un message auquel personne ne répond, une alerte, une information entendue aux actualités, la crainte qu’un proche soit mobilisé, blessé ou tué.

📌 Être physiquement éloigné d’une guerre ne signifie donc pas nécessairement que toute l’insécurité appartient au passé.

Et cette distinction est essentielle lorsqu’on cherche à comprendre ce qu’une personne vit aujourd’hui.

Quand ce qui disparaît ne se limite pas à un lieu


Quitter une zone de guerre ou être évacué après une catastrophe permet parfois de retrouver une sécurité physique.

Mais ce qui a été bouleversé peut aller beaucoup plus loin.

Une maison n’est pas seulement un bâtiment. Un quartier n’est pas seulement un ensemble de rues. Un pays n’est pas uniquement un territoire.

Ils contiennent des habitudes, des relations, une langue, des souvenirs, des rôles sociaux, des lieux connus, des personnes sur lesquelles on pouvait compter et toute une organisation quotidienne qui permettait de savoir où l’on était et comment y vivre.

Une personne déplacée peut ainsi être en sécurité et avoir simultanément perdu une grande partie de ce qui organisait sa vie.

💬 « Est-ce que je pourrai rentrer ? »
💬 « Qu’est devenue ma maison ? »
💬 « Où allons-nous vivre maintenant ? »
💬 « Est-ce que ma famille pourra nous rejoindre ? »
💬 « Qu’est-ce que je vais devenir ici ? »

Le traumatisme collectif peut donc rencontrer des pertes très individuelles : un proche, un logement, un métier, une communauté, une place sociale, un sentiment d’appartenance ou la possibilité de se projeter dans un avenir qui semblait jusque-là relativement prévisible.

Quand ce sont aussi les valeurs et les représentations du monde qui sont atteintes


La guerre et certaines violences collectives peuvent également venir percuter autre chose que le sentiment de sécurité.

Elles confrontent parfois à ce que des êtres humains peuvent faire à d’autres êtres humains.

Pour un civil, assister à des violences, découvrir ce qui a été commis dans un lieu familier ou voir des personnes de son environnement participer à des actes qu’il juge inimaginables peut profondément modifier sa perception des autres et du monde.

Pour un militaire, l’expérience peut aussi passer par ce qu’il a été amené à faire lui-même, par ce qu’il n’a pas pu empêcher ou par des décisions prises dans des situations où aucune option ne semblait réellement satisfaisante.

Un soignant intervenant en contexte de guerre ou de catastrophe peut devoir prioriser les victimes lorsque les moyens disponibles ne permettent pas de prendre en charge tout le monde immédiatement.

Et la nécessité d’une décision peut ne pas empêcher les questions de revenir ensuite.

💬 « Est-ce que j’aurais pu faire autrement ? »
💬 « Pourquoi lui et pas l’autre ? »
💬 « Comment continuer à vivre avec ce que j’ai vu ? »
💬 « Comment ai-je pu faire ce que j’ai fait, même si je pensais alors ne pas avoir d’autre choix ? »

💡 Certaines expériences ne viennent pas seulement modifier la perception du danger. Elles peuvent heurter les valeurs, les convictions, la confiance accordée aux autres, aux institutions et parfois l’image que la personne avait d’elle-même.

Nous retrouvons ici la question de la blessure morale, que nous avons déjà rencontrée en parlant des expositions professionnelles.

Elle mérite un développement spécifique : vivre avec ce que l’on a fait, vu, laissé faire ou été empêché de faire ne se résume pas nécessairement à avoir eu peur.

Lorsqu’il n’existe pas encore véritablement « d’après »


Après une catastrophe ou un attentat, le danger immédiat peut prendre fin alors que ses conséquences se poursuivent.

Après une guerre, cette frontière peut être encore plus difficile à établir.

Une personne peut vivre en France depuis plusieurs mois et continuer à avoir des proches dans un pays en guerre. Une famille peut être hébergée en sécurité tout en ignorant où elle vivra quelques mois plus tard. Quelqu’un peut apprendre à construire une nouvelle vie tout en espérant pouvoir retourner un jour dans celle qu’il a quittée.

Il peut aussi y avoir une succession d’événements.

Un départ précipité. Une séparation. Une mauvaise nouvelle. Un proche blessé. La destruction d’une maison. Une nouvelle offensive. Un deuil. Une démarche administrative déterminante. L’impossibilité de rentrer.

Le passé et le présent ne sont alors pas toujours faciles à séparer.

📌 On ne peut pas demander à une personne de considérer comme terminé ce qui continue à produire de l’insécurité réelle dans sa vie.

Le travail thérapeutique doit pouvoir tenir compte de cette réalité.

Il peut y avoir des expériences passées à accompagner et, simultanément, un présent qui demande encore de s’adapter, de trouver des ressources, de maintenir des liens et de reconstruire suffisamment de sécurité pour continuer à avancer.

Une mémoire qui peut aussi devenir collective


Les événements collectifs ont une autre particularité : ils continuent parfois à exister dans l’espace commun longtemps après avoir eu lieu.

Des commémorations. Des anniversaires. Des témoignages. Des procès. Des images d’archives. Un lieu devenu symbolique. Une date que tout un pays reconnaît.

Le 13 novembre n’est ainsi plus seulement une date personnelle pour ceux qui ont directement vécu les attentats de 2015. Elle appartient aussi à une mémoire collective française.

Cette mémoire commune joue un rôle social essentiel : raconter, reconnaître, transmettre, commémorer.

Mais pour une personne directement concernée, le calendrier collectif peut aussi venir rencontrer son calendrier intime.

Un anniversaire largement évoqué dans les médias peut correspondre au jour où elle a perdu quelqu’un. Une image devenue historique peut être celle d’un lieu dans lequel elle se trouvait. Une commémoration nationale peut rencontrer une expérience profondément personnelle.

Cela ne signifie évidemment pas que la mémoire collective entretient nécessairement le traumatisme.

Cela rappelle simplement qu’après certains événements, l’histoire individuelle continue d’exister à l’intérieur d’une histoire que toute une société raconte également.

Derrière le collectif, toujours des histoires singulières


Parler de traumatisme collectif permet de comprendre l’ampleur d’un événement et la manière dont il peut bouleverser simultanément les repères d’un grand nombre de personnes.

Mais le mot « collectif » ne doit jamais faire disparaître les individus.

Dans une même ville évacuée, une même salle, une même unité militaire, une même famille déplacée ou une même population confrontée à la guerre, chacun occupe une place différente et construit une histoire différente de ce qui s’est passé.

À quoi cette personne a-t-elle réellement été confrontée ? Qu’a-t-elle perdu ? Qu’est-ce qui reste aujourd’hui incertain ou menaçant ? Quelles ressources a-t-elle pu conserver ou reconstruire ? Et qu’est-ce que cette expérience est venue modifier dans sa manière de regarder sa sécurité, les autres, le monde ou elle-même ?

Ce sont ces questions qui permettent de revenir du collectif vers la personne.

💡 Un événement peut appartenir à l’histoire de milliers ou de millions de personnes. L’accompagnement, lui, rencontre toujours l’histoire singulière de celle qui se trouve devant nous.

Pour approfondir ce sujet


Si vous souhaitez approfondir ces notions, vous pouvez poursuivre votre lecture avec les articles suivants :

📕 Déjà disponible : Les différents types de traumatismes
📕 Déjà disponible : Trauma vicariant et exposition indirecte

🖍️ À venir : Guerre et blessure morale : quand l’expérience vient heurter les valeurs
🖍️ À venir : Militaires et exposition traumatique : ce que les missions peuvent laisser après elles
🖍️ À venir : Enfants confrontés à la guerre : grandir lorsque la sécurité n’est plus acquise
🖍️ À venir : Exil et déplacement forcé : partir ne signifie pas toujours être arrivé
🖍️ À venir : Catastrophes naturelles : quand un environnement familier devient soudainement menaçant
🖍️ À venir : Attentats et violences collectives : entre histoire individuelle et mémoire collective
🖍️ À venir : Deuil traumatique et disparition : lorsque la perte survient dans des circonstances exceptionnelles

PRENONS LE TEMPS D’EN PARLER


Ce que vous vivez aujourd’hui peut être le point de départ.


Vous n’avez pas besoin de savoir précisément d’où vient une difficulté, ni d’être certain qu’elle est liée à une expérience traumatique, pour venir en parler.

La première rencontre permet de comprendre ce qui vous met en difficulté aujourd’hui, ce qui peut encore agir dans votre histoire, mais aussi les ressources dont vous disposez. C’est à partir de là que nous pouvons déterminer ensemble ce qui mérite d’être travaillé et de quelle manière.

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Nathalie RAVEAUD

Hypnothérapeute et praticienne EMDR à Villeurbanne, j'accompagne les adultes, les adolescents, les enfants et les familles confrontés à des difficultés de vie, qu'il s'agisse de stress, de traumatismes, de phobies, d'addictions, de difficultés émotionnelles ou d'autres problématiques qui limitent aujourd'hui leur liberté.

À travers les Ressources de Féliz', je partage la même démarche que celle qui guide mes accompagnements : comprendre avant d'agir. Parce que mettre du sens sur ce que nous vivons constitue souvent le premier pas vers une transformation durable.

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