Pourquoi ces ressources ?

Se demander si l’on manque de confiance ne dit pas encore ce qui est difficile.
Parfois, il s’agit d’oser agir dans une situation précise ; parfois, du regard sévère que l’on porte sur soi ou de la difficulté à exprimer une préférence.
Ces ressources proposent des repères pour distinguer ces expériences et avancer à son rythme.
Explorer cette thématique
Pourquoi la volonté ne suffit pas.
Pourquoi est-il parfois si difficile de changer, même lorsque nous savons exactement ce que nous devrions faire ?
Découvrez pourquoi la volonté ne suffit pas toujours à modifier certaines réactions automatiques… et comment le système nerveux privilégie avant tout ce qu'il considère comme le plus sûr.
Les stratégies d’évitement : quand la solution devient progressivement le problème
Pourquoi certaines difficultés semblent-elles prendre de plus en plus de place malgré tous les efforts pour les éviter ?
Découvrez pourquoi l'évitement procure souvent un soulagement immédiat… mais peut aussi convaincre progressivement le cerveau que le danger est bien réel, entretenant ainsi le fonctionnement du système nerveux.
Les croyances : comment le cerveau construit ses repères pour nous protéger
Nos croyances ne sont pas des vérités. Elles sont souvent les conclusions que notre cerveau construit pour donner du sens à ce qu'il vit et nous aider à nous protéger.
Découvrez comment elles se forment, influencent nos réactions… et pourquoi elles peuvent aussi évoluer.
Confiance en soi, estime de soi, affirmation de soi : quelles différences ?
💬 « Je manque de confiance en moi. »
Cette phrase apparaît souvent lorsqu’on hésite à se lancer, que l’on se compare aux autres, que l’on redoute un jugement ou que l’on a du mal à faire entendre ce que l’on souhaite. Elle met un nom sur une difficulté réelle. Elle peut aussi rassembler, sous une même étiquette, plusieurs expériences qui ne demandent pas exactement les mêmes repères.
Douter de ses capacités dans une situation donnée, se sentir insuffisant après une erreur ou ne pas parvenir à dire non ne renvoient pas au même endroit. La confiance en soi, l’estime de soi et l’affirmation de soi sont liées. Les distinguer permet de quitter l’idée globale d’un « défaut » personnel pour regarder plus précisément ce qui est difficile, ce qui est déjà présent et ce qui pourrait évoluer.
❓ Est-ce que je doute de mes capacités à agir ?
❓ Est-ce que je porte sur moi un regard très sévère ?
❓ Est-ce que je sais ce que je veux, mais n’arrive pas à le dire ?
Ces questions n’ont rien d’un exercice de vocabulaire. Elles aident à poser une question plus utile que « Comment avoir davantage confiance ? » : de quoi ai-je besoin ici ? D’expérimenter mes capacités, d’assouplir le regard que je porte sur moi, ou de trouver une façon plus juste de prendre ma place face aux autres ?
Quand le manque de confiance devient un mot-valise
Le mot « confiance » sert souvent de raccourci. Il peut désigner la peur de parler en public, le sentiment de ne jamais en faire assez, une grande difficulté à recevoir un compliment, l’impression de ne pas avoir le droit de demander, ou encore le fait de se taire pour ne pas déplaire. Ces situations peuvent se croiser, mais les traiter comme un seul problème risque de masquer ce qui se joue réellement.
Nos repères varient aussi selon les domaines de notre vie. Il est possible de se sentir solide dans son travail et très hésitant dans sa vie affective. On peut savoir faire face à des situations complexes, tout en se jugeant durement dès qu’une erreur survient. On peut être très attentif aux autres et avoir du mal à se demander ce dont on a besoin soi-même.
🖼️ Avant un entretien, quelqu’un peut dire : « Je n’ai aucune confiance en moi. » En regardant la situation de près, il sait peut-être déjà présenter son parcours, répondre à des questions dans son domaine et demander un temps de réflexion. Ce qui devient particulièrement difficile peut être l’exposition au jugement, l’incertitude de la rencontre ou la peur qu’un refus confirme une image négative de soi.
📌 La difficulté n’est pas toujours un manque de confiance général. Elle peut concerner une situation précise, une relation particulière ou un regard installé sur soi.
La confiance en soi : se sentir en mesure d’agir
La confiance en soi concerne le sentiment de pouvoir faire face à une situation, apprendre, essayer ou mobiliser des compétences. Elle ne consiste pas à être certain de réussir. Elle permet plutôt de considérer qu’il existe une marge de manœuvre : je peux me préparer, demander de l’aide, chercher des informations, m’entraîner ou faire un premier pas, même si le résultat n’est pas garanti.
Elle se nourrit souvent de l’expérience. Les réussites comptent, mais les essais imparfaits aussi : traverser un moment difficile, ajuster une stratégie, découvrir que l’on peut recommencer ou s’appuyer sur quelqu’un. Lorsqu’on ne retient de son parcours que ce qui n’a pas fonctionné, ses capacités réelles peuvent devenir difficiles à percevoir.
💡 Le doute peut alors prendre l’apparence d’une vérité générale : « Je ne sais pas faire », alors qu’il concerne peut-être une situation nouvelle ou particulièrement chargée.
La confiance reste concrète. Je peux avoir confiance dans ma capacité à organiser un projet, à prendre soin de mes proches ou à résoudre un problème professionnel, sans me sentir prêt à parler devant un groupe, à traverser un conflit ou à faire un choix important seul.
L’objectif n’est pas de se persuader que l’on saura tout faire. Il est d’identifier ce qui est déjà là, ce qui demande un apprentissage et les appuis utiles pour avancer.
📌 La confiance en soi laisse une place au doute. Elle permet d’agir sans exiger de soi une certitude absolue avant de commencer.
L’estime de soi : le regard que l’on porte sur sa valeur
L’estime de soi renvoie à la manière dont nous nous considérons. Elle touche à la valeur que nous nous accordons, y compris lorsque nous ne réussissons pas exactement ce que nous avions prévu. Une estime fragile peut rendre une erreur, une remarque ou un refus particulièrement douloureux : l’événement ne reste pas isolé, il semble confirmer une conclusion plus générale sur soi.
Prendre soin de son estime ne consiste pas à se répéter que tout va bien, à nier ses limites ou à se croire supérieur aux autres. Il s’agit plutôt de pouvoir reconnaître une difficulté, une maladresse ou un besoin d’apprentissage sans réduire toute son identité à ce seul point. Le regard devient plus nuancé : il laisse coexister ce qui reste à travailler, les efforts déjà engagés et les ressources qui existent.
L’estime de soi permet aussi de se remettre au centre de sa propre vie. Non pas au sens de s’imposer au détriment des autres, mais en reconnaissant que ses besoins, sa fatigue, ses préférences et ses limites méritent d’être pris en compte. Lorsqu’elle est fragilisée, il peut être plus difficile de s’accorder du repos, de demander de l’aide, de recevoir un compliment ou de considérer qu’une situation ne nous convient pas.
🖼️ Il arrive que l’on accepte toutes les sollicitations de son entourage, puis que l’on s’en veuille d’être épuisé ou irrité. Pourtant, cette fatigue peut signaler un besoin qui n’a pas trouvé de place, pas une faute à réparer.
Elle soutient également une forme de compassion envers soi-même. Cette compassion n’est pas une indulgence qui excuserait tout. Elle permet de s’adresser à soi avec la même attention que l’on pourrait offrir à quelqu’un que l’on aime : reconnaître que l’on traverse quelque chose de difficile, comprendre ce qui a été tenté, puis chercher ce qui pourrait aider maintenant.
💡 Une estime de soi plus solide ne consiste pas à se trouver extraordinaire. Elle permet de se considérer avec suffisamment de justesse pour qu’une erreur ne devienne pas une condamnation, qu’un besoin ne devienne pas une faute et qu’une limite ne déclenche pas automatiquement de la culpabilité.
Parfois, la culpabilité prend beaucoup de place : se sentir coupable de se reposer, de dire non, de demander du soutien ou de faire un choix qui ne correspond pas aux attentes d’autrui. Pourtant, prendre soin de soi ne signifie pas abandonner les autres. Cela permet aussi d’être présent dans les relations sans s’y perdre entièrement.
L’affirmation de soi : rendre sa place visible dans la relation
S’affirmer, c’est pouvoir exprimer une idée, une préférence, un besoin ou une limite tout en tenant compte de la relation. Cela peut prendre des formes très ordinaires : demander une précision, dire que l’on n’est pas disponible, proposer une autre solution, ne pas être d’accord ou prendre le temps de réfléchir avant de répondre.
L’affirmation de soi ne consiste pas à parler fort ni à imposer son point de vue. Elle suppose de reconnaître que sa place compte.
Quand on a longtemps appris à s’adapter, à éviter les tensions ou à anticiper les besoins des autres, exprimer une préférence peut sembler risqué. On peut craindre de paraître égoïste, compliqué, ingrat ou exigeant. La difficulté ne vient pas toujours d’un manque d’idées : on sait parfois très bien ce que l’on voudrait dire, mais le coût émotionnel anticipé paraît trop important.
🖼️ Dire « Je ne peux pas ce soir, mais je peux vous répondre demain » est déjà une manière de poser une limite. Il ne s’agit ni d’abandonner l’autre ni de se justifier pendant dix minutes : il s’agit de donner une réponse qui tient compte de sa propre disponibilité.
S’affirmer, ce n’est pas gagner contre l’autre. C’est rendre possible une relation où chacun peut donner des informations sur ce qui lui convient, ce qu’il accepte et ce qu’il ne peut pas faire. Une réponse claire peut prévenir bien des malentendus. Elle évite que l’accord apparent se transforme, plus tard, en épuisement, en ressentiment ou en retrait silencieux.
📌 L’affirmation de soi cherche une place juste : la mienne compte, celle de l’autre aussi.
Trois dimensions qui se répondent sans se remplacer
Ces trois dimensions peuvent s’influencer. Lorsque l’on a davantage confiance dans sa capacité à traverser un désaccord, il devient parfois plus facile d’exprimer une limite. Lorsque l’on estime que ses besoins ont une valeur, il devient moins nécessaire de les justifier sans fin. Inversement, une expérience d’affirmation réussie peut renforcer la confiance : on découvre que l’on a pu dire quelque chose d’important et que la relation a tenu, ou qu’elle a révélé une limite nécessaire.
Elles ne se remplacent pas pour autant. On peut avoir de nombreuses compétences et une estime très fragile. Dire non dans un cadre professionnel peut sembler possible, alors que le même geste devient très difficile dans sa famille. Il est également possible d’être apprécié et de reconnaître difficilement les signes de reconnaissance.
❓ Dans quelle situation est-ce le plus difficile ?
❓ Qu’est-ce que je crains de perdre ou de provoquer ?
❓ Est-ce que je doute de mes capacités, de ma valeur, ou du droit que j’ai à prendre ma place ?
Ces questions n’exigent pas une réponse parfaite. Elles permettent de commencer à déplier ce qui était jusque-là confondu.
Quand le regard sur soi se durcit
Le doute devient particulièrement lourd lorsqu’il conduit à renoncer systématiquement, à demander sans cesse l’avis des autres, à repousser des décisions importantes ou à se juger très durement après chaque interaction. La comparaison peut également jouer un rôle : on voit les résultats, l’aisance ou la visibilité des autres sans accéder à leurs hésitations, à leur histoire ni à ce qu’ils traversent en dehors du regard public.
Certaines expériences relationnelles, des critiques répétées, un contexte dévalorisant ou des périodes de fragilité peuvent aussi marquer la manière dont on se perçoit. Il ne s’agit pas de rechercher mécaniquement une cause unique à toute difficulté. Il peut être plus utile de repérer la façon dont certaines pensées se sont installées et continuent, aujourd’hui, à orienter les choix, les réactions et le regard porté sur soi.
💡 Plutôt que de se reprocher ce doute, on peut chercher à comprendre sa fonction : que cherche-t-il à éviter ou à protéger ? À quel moment se manifeste-t-il ? Que m’empêche-t-il de tenter ?
Cette exploration ne minimise pas la souffrance. Elle redonne de la précision là où le jugement global sur soi enferme.
Au cabinet : partir de la situation plutôt que de l’étiquette
Lorsqu’une difficulté autour de la confiance en soi conduit à consulter, je commence par accueillir ce que cette expression recouvre. Il ne s’agit pas de décider d’emblée qu’il y aurait un manque de confiance « partout », mais de comprendre les moments où le doute empêche d’avancer, les réactions qui se répètent et les changements souhaités.
Au fil de l’accompagnement, il peut être utile de repérer certaines croyances installées, de remettre en lumière des expériences de réussite, de préparer une situation redoutée, de mieux écouter ses besoins ou d’expérimenter une manière différente de prendre sa place. Celle ou celui que j’accompagne reste acteur de cette démarche : les propositions peuvent être questionnées, le rythme ajusté et les objectifs précisés ensemble.
Selon la demande, l’histoire et ce qui apparaît au fil des séances, l’hypnose ou l’EMDR peuvent être envisagées dans un cadre adapté. Elles ne constituent pas une réponse uniforme à toute difficulté de confiance en soi. L’enjeu reste de construire un accompagnement ajusté à la situation singulière rencontrée et, lorsque cela est nécessaire, d’orienter vers le soutien le plus pertinent.
📌 Comprendre ce que recouvre le mot « confiance » permet déjà de choisir une direction plus précise : se préparer à agir, assouplir le regard porté sur soi ou apprendre à prendre sa place avec les autres.
Faire une place à une vision plus juste de soi
La métaphore du chat qui se voit lion peut être inspirante si elle ne nous intime pas de devenir quelqu’un d’autre. Elle ne dit pas que chacun devrait se transformer en figure invincible. Elle rappelle plutôt que l’image que nous avons de nous-mêmes peut parfois être plus étroite que nos possibilités, et que nos fragilités ne résument pas tout ce que nous savons faire, apprendre ou devenir.
La confiance se construit rarement par une injonction à « oser davantage ». Elle se nourrit d’expériences accessibles, de relations dans lesquelles la parole a une place, d’appuis concrets et d’un regard moins disqualifiant sur ses propres essais.
💡 Il n’est pas nécessaire d’avoir réglé toute sa relation à soi pour faire un premier pas. Il suffit parfois de pouvoir considérer qu’un pas, même modeste, a le droit d’exister.
Pour prolonger cette lecture
Cet article peut aider à mettre des mots sur un ressenti souvent résumé par « je manque de confiance ». Vous pouvez poursuivre cette réflexion à votre rythme, que vous cherchiez des repères pour vous-même ou que vous souhaitiez mieux comprendre ce que traverse un proche.
📖 Les ressources de Féliz’Hypnose proposent des articles sur les émotions, le stress, le sommeil, les expériences difficiles et les approches proposées au cabinet. Elles offrent aussi des repères autour de l’auto-hypnose, sans remplacer un accompagnement lorsqu’il est nécessaire.
📖 Découvrir les ressources de Féliz’Hypnose
🖍️ À venir : Poser ses limites sans culpabiliser : pourquoi est-ce parfois si difficile ? Cet article poursuivra la réflexion du côté de la relation à l’autre, des besoins exprimés et de la place que l’on s’autorise à prendre.
PRENONS LE TEMPS D’EN PARLER
Vous souhaitez mieux comprendre ce qui se joue pour vous ?
Le doute, le regard sévère porté sur soi ou la difficulté à prendre sa place peuvent s’installer dans de nombreux moments du quotidien.
Un accompagnement permet d’explorer votre situation, vos repères et les changements que vous souhaitez engager, à votre rythme.
Nathalie RAVEAUD
Hypnothérapeute et praticienne EMDR à Villeurbanne, j'accompagne les adultes, les adolescents, les enfants et les familles confrontés à des difficultés de vie, qu'il s'agisse de stress, de traumatismes, de phobies, d'addictions, de difficultés émotionnelles ou d'autres problématiques qui limitent aujourd'hui leur liberté.
À travers les Ressources de Féliz', je partage la même démarche que celle qui guide mes accompagnements : comprendre avant d'agir. Parce que mettre du sens sur ce que nous vivons constitue souvent le premier pas vers une transformation durable.






