Pourquoi ces ressources ?

Le plus beau compliment que l’on puisse me faire après une séance est d’entendre :

« Je comprends enfin ce qui se passe en moi. »

C’est souvent à partir de cette compréhension que les choses commencent à évoluer.

Ces ressources sont nées avec la même intention que celle qui m’anime au cabinet : partager des repères simples, accessibles et concrets pour aider chacun à mieux comprendre ce qu’il vit.

Si elles permettent à certaines personnes de mettre un peu plus de sens sur leurs réactions, alors elles auront pleinement rempli leur rôle.

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Pour aller plus loin…

Je suis convaincue que nous apprenons beaucoup de notre propre vécu, à condition de pouvoir le regarder sous un angle nouveau.

Ces ressources sont nées de cette conviction.

Chaque article part d’une expérience que beaucoup d’entre nous peuvent traverser, puis propose quelques clés pour mieux en comprendre les mécanismes. Et lorsque cette compréhension s’installe, elle éclaire souvent notre vécu d’une manière différente.

Le chemin se fait alors dans les deux sens.

Le vécu nourrit la compréhension. La compréhension nourrit le changement. Et le changement donne parfois un nouveau sens au vécu.

Je vous laisse maintenant découvrir les autres ressources de cette thématique, au rythme qui vous conviendra.

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à décrocher après une journée difficile ?


La journée est terminée.

Vous avez quitté votre travail. Fermé l’ordinateur. Récupéré les enfants. Vous êtes rentré chez vous. Le problème qui vous a occupé toute la journée ne peut de toute façon plus être réglé ce soir.

Objectivement, vous pourriez passer à autre chose.

Et pourtant…

Vous continuez à vous sentir pressé. Vous enchaînez les choses. Vous répondez sèchement pour presque rien. Vous ouvrez votre téléphone sans même savoir ce que vous venez y chercher. Ou, au contraire, vous vous effondrez sur le canapé avec l’impression de n’avoir plus d’énergie pour quoi que ce soit.

💬 « J’ai fini ma journée, pourquoi est-ce que je n’arrive pas à décrocher ? »

Et si terminer une journée ne suffisait pas toujours à en sortir ?

La journée s’arrête parfois plus vite que nous


Une journée chargée nous demande de nous adapter en permanence.

Répondre. Décider. Anticiper. Passer d’une tâche à l’autre. Gérer un imprévu. Respecter un horaire. Répondre aux sollicitations. Parfois contenir une émotion, un agacement ou une inquiétude parce que ce n’est simplement pas le moment de s’en occuper.

Puis vient l’heure de rentrer.

Le changement peut être extrêmement rapide : quelques minutes plus tôt, vous étiez encore en train de résoudre un problème ou de répondre à un message ; maintenant, vous êtes censé être disponible pour votre soirée.

Mais la fin objective des sollicitations ne signifie pas nécessairement que notre état intérieur change au même rythme.

🖼️ Vous fermez votre ordinateur à 18 h 02. › À 18 h 05, vous êtes dans votre voiture. › À 18 h 20, vous poussez la porte de chez vous.
Votre environnement a changé trois fois en moins de vingt minutes.
Mais vous pouvez être encore intérieurement dans le rythme de 18 h 02.

Et parfois, la transition est encore plus brutale.

🖼️ Vous êtes en télétravail. › À 18 h 02, vous êtes encore devant votre ordinateur, absorbé par un dossier ou une visioconférence. › À 18 h 03, vous êtes dans la cuisine en train de préparer le dîner pour votre famille.
Cette fois, il n’y a même plus eu de trajet, de changement de lieu ou de temps intermédiaire. La journée professionnelle est terminée sur l’horloge ; une minute plus tard, votre vie familiale a déjà commencé.

💡 Nous savons très bien marquer la fin d’une journée sur une horloge. Notre fonctionnement, lui, a parfois besoin d’un peu plus de temps pour changer de rythme.

Décrocher ne signifie pas forcément ne plus penser au travail


C’est une distinction importante.

On peut avoir terminé sa journée et repenser ponctuellement à ce qui s’est passé sans que cela pose la moindre difficulté.

À l’inverse, on peut ne penser à rien de particulier et rester malgré tout dans une forme de mobilisation.

Le signe que nous n’avons pas vraiment décroché n’est donc pas uniquement la présence de pensées.

🖼️ Cela peut aussi ressembler à :
› continuer à faire plusieurs choses en même temps ;
› avoir du mal à ralentir ;
› se sentir particulièrement irritable ;
› rester attentif au moindre message ou à la moindre notification ;
› ressentir le besoin de « faire encore quelque chose » avant de pouvoir se poser ;
› avoir le corps tendu alors qu’il n’y a plus d’urgence ;
› se sentir épuisé sans pour autant réussir à se détendre.

💡 Ne pas réussir à décrocher ne signifie donc pas nécessairement continuer à penser à sa journée. Celle-ci peut avoir quitté nos pensées sans que nous ayons encore quitté le rythme, la tension ou l’état de mobilisation qu’elle a suscités.

📌 Décrocher, ce n’est donc pas effacer ce qui s’est passé. C’est progressivement quitter cet état de mobilisation pour retrouver davantage de disponibilité.

Pourquoi ne redescend-on pas immédiatement ?


Une journée n’a pas besoin d’avoir été marquée par un événement particulièrement stressant pour continuer à peser sur notre soirée.

Un retard, une urgence, des interruptions permanentes, plusieurs décisions à prendre, un conflit, des horaires à respecter, des enfants à récupérer… Pris séparément, chacun de ces éléments peut sembler assez banal. C’est parfois leur accumulation qui compte.

Tout au long de la journée, notre organisme répond à ces sollicitations. Le système nerveux autonome intervient, tout comme différents mécanismes hormonaux impliqués dans la réponse au stress.

Le cortisol en est un bon exemple.

💡 Sa réponse est décalée dans le temps : après un stress aigu, son niveau peut continuer à augmenter alors même que l’événement est déjà terminé, avant de redescendre progressivement.

Dans les études expérimentales, le pic de cortisol est généralement observé dans les dizaines de minutes qui suivent le stress et le retour vers le niveau initial demande ensuite du temps. Il n’existe pas de durée universelle, mais ce décalage permet de comprendre une chose essentielle : la fin d’un déclencheur et le retour à l’état de départ ne sont pas simultanés.

Une journée réelle est évidemment bien différente d’une expérience de laboratoire. Elle peut avoir enchaîné les sollicitations pendant plusieurs heures, sans laisser beaucoup de place à la récupération entre chacune d’elles.

📌 À 18 h 02, le dernier mail peut être envoyé et l’ordinateur fermé. Cela ne signifie pas qu’à 18 h 03 notre organisme est déjà revenu à son état de départ. La journée est terminée ; redescendre demande encore un peu de temps.

🔗 Pourquoi mon système nerveux reste-t-il en alerte ?
Pour mieux comprendre pourquoi notre état intérieur peut continuer à porter la trace d’une situation ou d’une période de mobilisation alors même que ce qui l’a déclenchée est terminé.

Entre la journée et la soirée, il manque parfois une transition


C’est précisément là qu’un temps de transition peut devenir intéressant.

Nous accordons beaucoup d’importance aux routines du soir et du coucher. Mais une autre transition intervient bien avant : celle qui sépare ce que nous venons de vivre de ce vers quoi nous allons.

Elle peut parfois être imposée naturellement par les circonstances : un trajet, quelques minutes de marche, le changement de vêtements en rentrant…

Mais certaines frontières sont devenues beaucoup plus poreuses.

On peut quitter une visioconférence et entrer dans sa vie familiale trente secondes plus tard. Recevoir un mail professionnel pendant le dîner. Répondre à un message depuis son canapé. Passer directement d’une journée devant un écran… à une soirée devant un autre.

💡 Le sas de transition ne fait pas disparaître le stress sur commande. Il crée simplement un temps pendant lequel nous cessons d’ajouter immédiatement une nouvelle sollicitation à la précédente.

Dix minutes de marche ne garantissent pas une baisse précise du cortisol. Une douche ne « réinitialise » pas le système nerveux. Écouter de la musique n’efface pas une journée difficile.

Mais ces moments peuvent marquer une rupture et laisser à la récupération le temps de commencer.

Les recherches sur la récupération après le travail montrent d’ailleurs que la capacité à s’en détacher psychologiquement est associée à moins de fatigue et d’épuisement ainsi qu’à un meilleur bien-être et un meilleur sommeil.

📌 Le sas n’est donc pas du temps perdu entre deux parties de la journée. C’est un temps pendant lequel nous cessons simplement d’exiger de nous-mêmes de passer instantanément de l’une à l’autre.

Un sas de décompression n’a pas besoin d’être compliqué


Il n’existe évidemment pas de rituel universel.

Quelques minutes de marche, se changer en rentrant, prendre une douche, écouter de la musique pendant le trajet, sortir le chien, s’asseoir quelques instants dehors… ce qui compte n’est pas tant l’activité choisie que la rupture qu’elle crée dans l’enchaînement de la journée.

Vous pouvez vous demander :
› à quel moment ma journée se termine-t-elle réellement ?
› qu’est-ce que je fais immédiatement après ?
› est-ce que je passe directement d’une sollicitation à une autre ?
› existe-t-il un moment qui marque clairement « maintenant, c’est fini » ?
› qu’est-ce qui m’aide habituellement à sentir que je change de rythme ?

🚨 Il ne s’agit surtout pas de transformer ce sas en une nouvelle bonne pratique à réussir.

Il peut être très court et n’a même pas besoin d’être particulièrement relaxant. Sa fonction est simplement de ne pas tout enchaîner sans transition.

Se distraire et récupérer ne sont pas toujours la même chose


Après une journée éprouvante, il est parfaitement compréhensible d’avoir envie de ne plus penser à rien.

Téléphone, série, réseaux sociaux, télévision, jeu, vidéos… peuvent nous permettre de déplacer immédiatement notre attention vers autre chose.

Et parfois, c’est exactement ce dont nous avons envie.

Mais être distrait de sa journée et avoir réellement changé de rythme ne sont pas forcément synonymes.

🖼️ On peut passer une heure sur son téléphone, constater qu’on n’a pensé à rien de professionnel pendant tout ce temps… et relever les yeux en se sentant toujours aussi tendu ou épuisé.

La question n’est donc pas de déterminer si une activité est « bonne » ou « mauvaise ».

Elle peut être beaucoup plus personnelle :

« Après ce moment, est-ce que je me sens davantage disponible pour la suite de ma soirée ? »

Cette réponse nous renseigne parfois davantage que l’activité elle-même.

📌 Récupérer ne consiste pas nécessairement à ne rien faire. C’est aussi permettre à notre rythme interne de ne plus être celui de ce que nous venons de traverser.

Et le sommeil dans tout ça ?


Le sommeil commence bien avant le moment où nous posons la tête sur l’oreiller.

Non pas parce qu’il faudrait passer sa soirée à « préparer son sommeil », mais parce que nous arrivons au coucher avec l’état dans lequel notre soirée nous a conduits.

Si nous passons directement d’une journée très mobilisante à une soirée qui continue au même rythme, puis du dernier écran ou de la dernière tâche au lit, nous demandons beaucoup à ce seul moment du coucher : devenir instantanément le lieu où tout doit enfin s’arrêter.

Parfois, le problème n’est donc pas seulement :

💬 « Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à m’endormir ? »

Une question peut venir un peu plus tôt :

« À quel moment ai-je réellement commencé à quitter ma journée ? »

💡 Et c’est peut-être là que se trouve l’intérêt d’un sas de transition : ne pas attendre le coucher pour commencer à changer de rythme.

Et parfois, ce sas ne suffit pas.

Lorsque cette difficulté à redescendre devient récurrente, qu’elle déborde régulièrement sur vos soirées ou votre sommeil, il peut être intéressant de ne plus seulement chercher comment récupérer après la journée, mais aussi de comprendre ce qui vous maintient aussi fortement mobilisé pendant celle-ci.

L’hypnose ou l’EMDR peuvent alors permettre de travailler sur ce qui entretient cet état : stress, anticipation permanente, difficulté à lâcher le contrôle, charge émotionnelle ou événements qui continuent à rester actifs bien après qu’ils sont terminés.

💡 L’objectif n’est alors plus seulement de mieux organiser la transition entre votre journée et votre soirée, mais de travailler sur ce qui rend cette transition si difficile.

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Nathalie RAVEAUD

Hypnothérapeute et praticienne EMDR à Villeurbanne, j'accompagne les adultes, les adolescents, les enfants et les familles confrontés à des difficultés de vie, qu'il s'agisse de stress, de traumatismes, de phobies, d'addictions, de difficultés émotionnelles ou d'autres problématiques qui limitent aujourd'hui leur liberté.

À travers les Ressources de Féliz', je partage la même démarche que celle qui guide mes accompagnements : comprendre avant d'agir. Parce que mettre du sens sur ce que nous vivons constitue souvent le premier pas vers une transformation durable.

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