Mieux comprendre ce sujet

Bouclier protégeant un cerveau, illustrant les mécanismes de protection activés face au stress et à l'anxiété.

Pourquoi le système nerveux reste-t-il bloqué en état d’alerte?

Pourquoi notre corps reste-t-il parfois en état d'alerte alors que le danger appartient au passé ? Découvrez comment le système nerveux cherche avant…


Illustration représentant une main tenant les fils d'une marionnette devant le profil d'un visage. Ce visuel symbolise les stratégies de contrôle que le cerveau met progressivement en place pour maintenir un sentiment de sécurité face à l'incertitude.

Les stratégies de contrôle : quand vouloir tout maîtriser devient épuisant.

Pourquoi certaines personnes ressentent-elles le besoin d'anticiper, de vérifier ou de tout maîtriser ? Découvrez comment les stratégies de contrôle…


Illustration représentant une serrure laissant apparaître une lumière. Ce visuel symbolise le fait que le changement ne dépend pas uniquement de la volonté, mais aussi de la manière dont le système nerveux retrouve progressivement un sentiment de sécurité.

Pourquoi la volonté ne suffit pas.

Pourquoi est-il parfois si difficile de changer, même lorsque nous savons exactement ce que nous devrions faire ? Découvrez pourquoi la volonté ne…


Dessin d’un éléphant rose partiellement effacé au crayon et à la gomme

Plus j’essaie d’arrêter de penser, et plus je pense : pourquoi ?

Plus nous essayons de chasser certaines pensées, plus elles semblent revenir. Pourquoi ? Découvrez le paradoxe du contrôle des pensées et…


Ordinateur professionnel fermé à côté des devoirs et affaires des enfants sur une table familiale

Pourquoi est-ce que je n’arrive pas à décrocher après une journée difficile ?

La journée est terminée, mais vous vous sentez encore tendu, accéléré ou incapable de vous poser ? Comprendre pourquoi notre système nerveux peut…


Contrôle, craquage, culpabilité : comprendre le cercle qui entretient la difficulté


💬 « Cette semaine, je fais attention. »

La décision est prise. Certains aliments disparaissent des placards, les quantités sont surveillées, les repas davantage contrôlés. Pendant quelque temps, cela apporte même une sensation rassurante : les choses semblent de nouveau maîtrisées.

Puis arrive un repas imprévu, une journée difficile, une envie particulièrement forte ou simplement un aliment que l’on s’était interdit. Quelque chose cède. On mange ce qui n’était pas prévu, parfois davantage qu’on ne l’aurait souhaité. Et presque immédiatement, le regard porté sur ce qui vient de se passer change :

💬 « J’ai encore craqué. »

Avec lui arrivent la déception, la culpabilité et une nouvelle décision : demain, il faudra reprendre le contrôle.

📌 C’est ainsi que le cercle s’installe : contrôler pour éviter de craquer, craquer après avoir beaucoup contrôlé, puis renforcer le contrôle parce que l’on a craqué.


Le contrôle n’est pas le problème en soi


Nous avons tous des règles et des habitudes alimentaires. Nous choisissons ce que nous achetons, organisons plus ou moins nos repas et pouvons décider qu’un aliment nous convient davantage qu’un autre. Avoir une forme de cadre n’a donc rien de problématique en soi.

La difficulté apparaît lorsque ce cadre devient rigide et que l’alimentation commence à être pensée en termes de réussite ou d’échec. Certains aliments deviennent autorisés, d’autres interdits. Une quantité devient acceptable et son dépassement problématique. Un repas peut être « réussi » ou « raté ». Dans ce fonctionnement, il reste progressivement moins de place pour les variations normales de la faim, du plaisir, des circonstances ou simplement de la vie quotidienne.

💬 « J’avais prévu ça, donc je dois m’y tenir. »

Et plus la règle devient rigide, plus sa transgression prend de poids.


Quand un aliment devient interdit, il prend davantage de place


Décider de ne plus jamais manger un aliment peut sembler être la manière la plus efficace de ne plus avoir à gérer l’envie qu’il provoque. Pourtant, l’interdit produit un effet paradoxal : l’aliment prend davantage de place dans l’attention.

C’est le même mécanisme que lorsque l’on vous demande de ne surtout pas penser à un éléphant rose. Pour réussir à ne pas y penser, il faut d’abord se représenter ce qu’il faudrait éviter. L’attention revient donc précisément vers l’objet que l’on cherche à écarter. Avec un aliment interdit, quelque chose de similaire se produit : plus il devient important de ne pas le manger, plus il peut occuper l’espace mental.

On pense à ce que l’on ne doit pas manger. On remarque davantage sa présence. On négocie intérieurement. On calcule depuis combien de temps on a réussi à s’en passer. Et si l’on finit par en manger, l’expérience n’est plus seulement celle de manger un aliment apprécié : elle devient celle d’avoir transgressé une règle.

📌 Ce n’est donc pas uniquement l’aliment lui-même qui compte dans ce qui se passe. La signification qu’on lui a donnée participe à la tension qui l’entoure et à l’expérience de perte de contrôle.

Un biscuit reste un biscuit. Mais un biscuit devenu « l’aliment auquel je n’ai pas droit » porte désormais autre chose avec lui.


De l’écart au « tant pis »


Il existe un moment particulièrement important dans ce cercle : celui qui suit immédiatement la transgression de la règle.

Vous aviez décidé de ne pas manger de chocolat. Vous en prenez un morceau. Objectivement, il vient simplement de se passer cela : vous avez mangé un morceau de chocolat.

Mais intérieurement, l’événement peut prendre une tout autre dimension :

💬 « C’est foutu. »
💬 « J’ai encore tout gâché. »
💬 « Puisque j’ai commencé, autant finir. »

C’est ici que la pensée en tout ou rien transforme un écart en quelque chose de beaucoup plus important. Si la journée était considérée comme « parfaite » jusqu’à cet instant et qu’elle est désormais « ratée », continuer à contrôler semble soudain avoir beaucoup moins de sens.

🚨 Le craquage est alors alimenté non seulement par l’envie de manger, mais aussi par la croyance que, puisque la règle a déjà été transgressée, il n’y a plus rien à préserver.


Le mot « craquage » raconte déjà quelque chose


Il est d’ailleurs intéressant de s’arrêter sur le vocabulaire. On « craque » sous une pression. Le mot lui-même suggère qu’une tension existait avant que quelque chose ne cède.

Lorsqu’une personne raconte avoir « craqué », regarder uniquement ce qu’elle a mangé après ce moment donne donc une vision très partielle de l’épisode. Il est beaucoup plus intéressant de regarder ce qui se passait avant : quelles règles étaient présentes ? Depuis combien de temps ? Quel était le niveau de faim ? Quelle était la fatigue ? Quelle émotion était là ? Quel effort de contrôle avait déjà été fourni ?

💡 Plutôt que de considérer le craquage comme le début du problème, il devient alors possible de le regarder comme l’un des résultats d’une séquence commencée bien plus tôt.

Cela change profondément la manière de regarder le comportement.


La restriction augmente aussi très concrètement la faim


Il existe également quelque chose de beaucoup plus simple : lorsque le contrôle conduit à manger insuffisamment, le corps réclame de l’énergie. Une personne peut alors interpréter une envie très intense comme une nouvelle preuve de son incapacité à se contrôler alors qu’une partie de cette intensité correspond tout simplement à une faim devenue importante.

C’est notamment pour cette raison que les repères abordés dans les articles précédents — faim, rassasiement, satiété, sensations corporelles — sont utiles. Ils permettent de ne pas attribuer automatiquement à l’émotion ou au manque de volonté ce qui relève aussi d’un besoin physiologique.

📌 Plusieurs mécanismes peuvent évidemment coexister : on peut être très affamé, fatigué, contrarié et avoir face à soi un aliment que l’on s’interdit depuis plusieurs jours.

Dans ce contexte, parler uniquement de volonté ne permet pas de comprendre grand-chose à ce qui vient de se passer.


Puis vient la culpabilité


Une fois l’épisode terminé, la nourriture n’est parfois même plus le principal problème. Ce sont les pensées qui arrivent ensuite :

💬 « Je suis incapable de me contrôler. »
💬 « Je n’y arriverai jamais. »
💬 « Je n’aurais pas dû. »

Le comportement alimentaire devient alors le support d’un jugement beaucoup plus global sur soi. Et lorsque la culpabilité conduit à vouloir réparer immédiatement ce qui vient de se passer, elle réactive précisément le contrôle qui précédait l’épisode : manger moins au repas suivant, supprimer certains aliments, reprendre des règles plus strictes dès le lendemain.

Autrement dit, la conséquence du craquage devient un nouveau contrôle. Le cercle se referme.


Contrôle → tension → craquage → culpabilité → contrôle


Si l’on représente le mécanisme dans son ensemble, on obtient quelque chose comme :

Contrôle alimentaire rigide

Tension, frustration, faim ou préoccupation alimentaire

Écart ou situation déclenchante

« C’est foutu » / perte de contrôle

Culpabilité et jugement de soi

Décision de reprendre encore davantage le contrôle

🔄 … puis le cycle recommence.

Toutes les personnes qui connaissent des épisodes de perte de contrôle alimentaire ne suivent évidemment pas exactement cette séquence. Mais lorsqu’elle est présente, agir uniquement sur le moment du craquage revient à intervenir très tard dans le processus.


Sortir du cercle ne signifie pas « tout s’autoriser »


C’est souvent ici qu’une inquiétude apparaît. Si le contrôle entretient une partie de la difficulté, faudrait-il alors supprimer toutes les règles et manger absolument tout ce dont on a envie ?

La question elle-même montre à quel point il peut être difficile d’imaginer une position intermédiaire entre contrôler et ne plus rien contrôler du tout.

Pourtant, assouplir un fonctionnement alimentaire ne signifie pas renoncer à toute forme de choix. Il s’agit de retrouver davantage de souplesse : pouvoir tenir compte de sa faim, de ses besoins, du plaisir, du contexte et de ses préférences sans qu’un changement de programme devienne automatiquement un échec.

💡 La souplesse n’est pas l’absence de repères. C’est la possibilité d’adapter ses repères sans que tout le système s’effondre.


Observer le cercle avant de chercher à le casser


Lorsqu’un mécanisme fonctionne depuis longtemps, vouloir immédiatement l’interrompre risque de recréer exactement ce que l’on cherche à modifier : une nouvelle consigne à réussir. Commencer par observer la séquence permet au contraire d’identifier ce qui l’entretient.

Lorsqu’un épisode se produit, on peut essayer de reconstruire ce qui l’a précédé : qu’avais-je mangé dans la journée ? Quelles règles m’étais-je imposées ? Quelle était ma faim ? Que ressentais-je ? À quel moment l’envie est-elle devenue plus forte ? Et surtout, quelle pensée est apparue lorsque j’ai commencé à manger ?

L’objectif n’est pas de réaliser une enquête parfaite après chaque prise alimentaire. Il s’agit simplement de déplacer progressivement le regard du seul résultat — « j’ai craqué » — vers la séquence qui a conduit jusqu’à lui.

📌 Comprendre le cercle permet de découvrir qu’il existe plusieurs endroits où quelque chose peut évoluer, et pas uniquement le moment où l’on porte l’aliment à sa bouche.


Lorsque le cercle est profondément installé


Pour certaines personnes, cette compréhension suffit déjà à modifier progressivement certaines habitudes. Pour d’autres, le mécanisme est beaucoup plus ancien ou associé à des émotions, des expériences et des croyances particulièrement actives.

Le contrôle alimentaire peut par exemple être lié à une peur de grossir, au regard porté sur son corps, à une recherche de maîtrise, à des expériences de honte ou à des croyances telles que « je dois me contrôler », « je n’ai aucune limite » ou « si je lâche, tout va m’échapper ».

Dans ces situations, l’hypnose permet de travailler sur les automatismes, les sensations et l’expérimentation d’une plus grande souplesse. Lorsque certaines expériences ou croyances continuent à se réactiver fortement dans le présent, l’EMDR permet de travailler sur ce qui reste actif derrière le comportement, plutôt que de chercher uniquement à empêcher celui-ci.

L’objectif thérapeutique n’est donc pas nécessairement de devenir meilleur dans l’art de résister.

📌 Il s’agit de travailler sur ce qui oblige précisément à lutter autant, afin que cette lutte devienne progressivement moins nécessaire.


Comprendre avant de se juger


Le cercle contrôle, craquage, culpabilité donne facilement l’impression d’un problème de discipline : on contrôle, on échoue, puis on essaie de mieux contrôler.

Lorsqu’on regarde le mécanisme dans son ensemble, une autre lecture apparaît. Le contrôle rigide crée de la tension et augmente la préoccupation alimentaire. La transgression d’une règle peut engager une pensée en tout ou rien. La culpabilité conduit à renforcer les règles. Et l’ensemble entretient le cercle que l’on cherchait précisément à interrompre.

Comprendre cela ne signifie pas banaliser des comportements alimentaires qui peuvent devenir très envahissants. Cela permet de remplacer une question souvent douloureuse — « Pourquoi est-ce que je suis incapable de me contrôler ? » — par une question beaucoup plus utile :

Qu’est-ce qui entretient ce cercle, et à quel endroit peut-on commencer à lui redonner de la souplesse ?

Et lorsque l’envie ne ressemble plus seulement à un écart ou à un craquage, mais devient très intense, répétitive et difficile à interrompre, une autre question se pose.

C’est celle que nous aborderons dans l’article suivant consacré aux compulsions alimentaires.

Pour poursuivre...


Si vous souhaitez approfondir cette thématique, vous pouvez poursuivre votre lecture avec les articles suivants :

📕Déjà disponible : Alimentation émotionnelle : pourquoi mange-t-on sans avoir faim ?
📕 Déjà disponible : Faim physique ou envie émotionnelle : comment reconnaître ce qui se passe ?
📕 Déjà disponible : Faim, rassasiement et satiété : comment retrouver ses repères corporels ?
📕 Déjà disponible : Interoception et alimentation : pourquoi est-il parfois si difficile de savoir ce que l’on ressent ?
📕 Déjà disponible : Pourquoi la volonté ne suffit-elle pas toujours face à l’alimentation émotionnelle ?
📕 Déjà disponible : Contrôle, craquage, culpabilité : comprendre le cercle qui entretient la difficulté

🖍️ À venir : Compulsions alimentaires : que se passe-t-il lorsque l’envie devient difficile à interrompre ?
🖍️ À venir : Image corporelle, honte et alimentation : quand le regard sur soi entretient la difficulté
🖍️ À venir : Quand consulter pour son rapport à l’alimentation ?

📖 Découvrir les articles sur l’alimentation émotionnelle
➤ Découvrir la page Alimentation émotionnelle

PRENONS LE TEMPS D’EN PARLER


Ce que vous vivez aujourd’hui peut être le point de départ.


Lorsque le rapport à l’alimentation devient source de souffrance, comprendre ce qui entretient certains comportements constitue une première étape.
L’accompagnement permet notamment d’explorer les émotions, les automatismes, les sensations corporelles, les expériences ou les croyances qui restent associés à ces moments.

PRENDRE RENDEZ-VOUSME CONTACTER

Comprendre l’alimentation émotionnelle


Comprendre ce qui peut conduire à manger sans faim, comment s’installent certains automatismes et ce qui peut entretenir les compulsions, le contrôle ou la culpabilité.

Hypnose thérapeutique à Villeurbanne près de Lyon

Découvrir l’hypnose thérapeutique


Agir sur certains automatismes, retrouver davantage de contact avec ses sensations et mobiliser d’autres ressources face aux émotions ou aux envies alimentaires.

Comprendre l’EMDR


Découvrir comment certaines expériences, émotions ou croyances encore actives peuvent continuer à influencer le rapport à l’alimentation et au corps.

Comprendre le stress et l'anxiété


Mieux comprendre les états de tension, d’alerte ou d’anticipation qui peuvent modifier les sensations corporelles et favoriser certains automatismes alimentaires.

Comprendre les troubles du sommeil


Explorer les liens entre fatigue, sommeil perturbé, régulation émotionnelle et moments où il devient plus difficile de rester à l’écoute de ses besoins.

Explorer d'autres situations du quotidien


Le rapport à l’alimentation ne se construit pas isolément. Découvrez les autres difficultés et périodes de vie qui peuvent également être accompagnées au cabinet.


Nathalie RAVEAUD

Hypnothérapeute et praticienne EMDR à Villeurbanne, j'accompagne les adultes, les adolescents, les enfants et les familles confrontés à des difficultés de vie, qu'il s'agisse de stress, de traumatismes, de phobies, d'addictions, de difficultés émotionnelles ou d'autres problématiques qui limitent aujourd'hui leur liberté.

À travers les Ressources de Féliz', je partage la même démarche que celle qui guide mes accompagnements : comprendre avant d'agir. Parce que mettre du sens sur ce que nous vivons constitue souvent le premier pas vers une transformation durable.

Author posts
Prendre contact

📧 contact@felizhypnose.fr

☎️ 06 79 81 79 83

Cabinet d'hypnose et d'EMDR

📍 Cabinet
81, Rue Anatole France
69100 Villeurbanne

🖥 Téléconsultation EMDR possible

🔎 Questions fréquentes, tarifs et accès au cabinet

Questions fréquentes
Prendre rendez-vous

Consultez mes disponibilités et réservez directement en ligne

Retrouvez Nathalie Raveaud sur Resalib : annuaire, référencement et prise de rendez-vous pour les Hypnothérapeutes

Vous souhaitez en savoir plus sur le déroulement des séances, les tarifs ou les modalités d’accompagnement ?

Questions fréquentes

© 2025 - Création site web GrainedePub

Privacy Preference Center